LA NAISSANCE AUTREFOIS A LA MAISON

  • Un landau d’avant 1940

    Photo Herbreteau M.

    “Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille applaudit à grands cris”... Victor Hugo

    L’annonce de l’arrivée d’un enfant dans une famille était une joie et les grandes familles étaient nombreuses au moins jusqu’à la moitié du siècle dernier (1950).

    La future maman confectionnait elle-même des petites chemises en batiste de fil, ou tricotait des brassières, des petits chaussons, des petits vêtements.

    Quand les premières douleurs s’annonçaient, un homme de la maison partait chercher la sage-femme ou au besoin le docteur, (il n’y avait ni téléphone ni auto, mais parfois une voiture à cheval).

    Le bébé se faisait souvent attendre et lorsqu’il se montrait, au prix de grandes douleurs pour la maman, la sage-femme annonçait le sexe, puis procédait à la toilette du nouveau- né, sans cesser toutefois de surveiller la maman, par crainte de possibles hémorragies, ou autres complications.

    Les parents proches attendaient avec impatience et chacun de trouver une ressemblance avec un membre de la famille. Pendant ce temps, les grands-mères avaient fait chauffer de l’eau dans une marmite, sur le feu, et préparé des bouillottes pour réchauffer le berceau.

     Les temps ont bien changé : En ce début de siècle, il fallait que la jeune accouchée reste une semaine au lit, sur le dos, avec le minimum de mouvements. La seconde semaine, étant encore dans son lit (les plus beaux draps sortis) les visites étaient autorisées, ce qui était fatigant pour ceux de la maison aussi.

    Parents et amis venaient admirer le nouveau-né et arroser la naissance”.

  • Le baptême

    Le bébé devait être baptisé dans les trois jours suivant sa naissance: un jour de retard entraînait la suppression du carillon. La sage-femme, en général, le portait sur un oreiller (le plus beau de la maison) habillé de la robe de baptême qui passait souvent de génération en génération, un petit bonnet de dentelle ... etc.

    Les fonds baptismaux étaient placés dans le fond de l’église à gauche, Le prêtre attendait et pénétrait à l’intérieur de l’église après avoir dit: « Que demandes-tu à l’Eglise »? Et le parrain de répondre «la Foi». Le parrain et la marraine récitaient avec le prêtre le Pater et le Credo. Le prêtre versait alors de l’eau naturelle sur la tête de l’enfant en disant:"Je te baptise au nom du père et du fils et du Saint-Esprit." Puis le prêtre imposait la main sur la tête de l’enfant et lui mettait un peu de sel béni sur la bouche. Puis venait l’onction du Saint Chrême et le rite des vêtements blancs. Le prêtre donnait alors au parrain un cierge allumé.

    On pouvait ensuite poser le bébé sur l’autel de la Sainte Vierge et l’assistance, à genoux, demandait la consécration. Le cortège allait à la sacristie pour signer les registres et sortait de l’église accompagné du carillon des cloches.

    A ce moment-là seulement, on mangeait des dragées, et les enfants du village accouraient ramasser celles que la famille lançait sur le parvis, selon la coutume de l’époque.

    Annette BOSSARD