La fabrication du beurre à la ferme autrefois

Autrefois, tous ceux qui possédaient quelques hectares de terre ou qui en louaient avaient des vaches et vivaient de ce qu’elles fournissaient. Ils profitaient aussi des produits de leurs jardins et de leur basse-cour.

Néanmoins dans les borderies, petites fermes avec deux ou quatre vaches, les familles vivotaient. Cependant l’alimentation était saine et au moyen d’une écrémeuse chacun faisait son beurre.

L’écrémeuse, qui avait pour fonction d’extraire la crème du lait entier, était toujours placée dans une petite pièce fraîche appelée laiterie et comme il fallait tourner la manivelle pendant un long moment, il n’y avait pas beaucoup d’amateurs.

 Le pied de l’écrémeuse était fixé sur un banc de bois épais (madrier) de manière à empêcher l’appareil de bouger pendant le travail.

 On versait le lait dans le bassin et tandis qu’on faisait tourner l’écrémeuse à la manivelle, la crème s’écoulait d’un côté dans une jatte en grès et le lait écrémé de l’autre côté.

Selon la richesse du lait en matière grasse, il fallait environ dix litres de lait pour faire une livre de beurre

Ce travail d’écrémage se faisait de préférence lorsque le lait était frais, tout juste sorti du pis de la vache (environ à 37°) sinon il était nécessaire de le réchauffer un peu.

  • Une écrémeuse à manivelle et un moule à beurre

    Après l’écrémage, les différentes pièces de l’écrémeuse étaient ensuite soigneusement lavées et séchées avant de servir à nouveau.

    En général le lendemain de cette opération, on brassait cette crème avec une spatule en bois jusqu’à ce qu’elle épaississe et prenne la consistance du beurre. A ce moment-là, à mesure que l’on malaxait la motte, il en sortait du lait de beurre ou babeurre qu’on enlevait. Puis, on lavait cette motte à l’eau fraîche 3 ou 4 fois de suite. Enfin, après l’avoir salé, on mettait le beurre en moule.

  • Un moule d’une livre de beurre

    Une petite astuce : Les fermières avaient l’habitude de tremper le moule et les spatules de bois dans de l’eau très chaude puis de les rincer à l’eau froide, cette opération ayant pour but d’empêcher le beurre de coller au moule.

    Le moule était en bois travaillé et pouvait contenir, une fois bien tassé, une livre de beurre. Le moule existait aussi en demi-livre.

    Quand il était bien pétri, ce beurre de ferme était délicieux et ceux qui le consommaient ne s’en privaient pas.

    Comme l’Astra, Planta ou autre n’existaient pas encore, on remplissait des pots de grès avec du beurre un peu plus salé, de manière à ce qu’il se conserve et il servait à fricasser. Ces pots pouvaient contenir de 5 à 10 livres.

    Dans nos villages, ceux qui n’avaient pas de vaches, avaient l’habitude de s’approvisionner en beurre chez des voisins fermiers. Ce beurre, en vente au détail, était enveloppé dans une belle feuille de chou, préalablement lavée, faute de papier sulfurisé. Il arrivait aussi que l’on payait les femmes qui allaient biner dans les champs en livres de beurre.

    Quand l’électricité est arrivée, les écrémeuses électriques sont apparues. Puis les laiteries industrielles, où les agriculteurs livraient leur lait, ont fourni du beurre dans les magasins. Ce fut une économie de temps appréciée, car la main d’œuvre se faisait alors de plus en plus rare dans les fermes.

    Annette Bossard