• Dans les multiples domaines de la vie de nos sociétés,
    l'histoire continue d'avancer… Et nous en sommes les acteurs.
    Il en est ainsi pour notre relation à l'eau.

    L'eau, partenaire de l'histoire des hommes

    Chaque époque a considéré l'eau avec son propre univers mental.

    Les Gaulois vénéraient les lieux humides, sources et marais.

    Pour les Romains, la vie urbaine de la bonne société s'organisait autour des thermes qui nécessitaient la construction audacieuse d'aqueducs et autres ouvrages d'art (Pont du Gard).>

    Au Moyen Age, il fallait alimenter tanneries, filatures et draperies de l'industrialisation naissante, mais l'eau apportait aussi les "fièvres" dans les villes sans assainissement.  

    Puis XIXème et surtout XXème siècle, par souci compréhensible, d'hygiène, de rentabilité agricole ou d'urbanisme rationnel  redressent le lit des cours d'eau, élèvent des barrages, canalisent des fleuves entre 2 rives parfois bétonnées, ouvrent des rues au-dessus des rivières (Nantes et le Cours des 50 otages au-dessus de l'Erdre, par exemple)

    Mais zones humides et cours d'eau perdent leur fonctions de réserve, d'épuration, de régulation et, conséquence, la biodiversité régresse.

    Aujourd'hui, l'objectif affiché est de les protéger, voire de les "renaturer". 

    « Il s’agit maintenant, de restaurer partout où c’est possible une certaine “naturalité” de la rivière et des zones humides, afin que les fonctions de ces écosystèmes puissent petit à petit se rétablir. Pour cela l’objectif prioritaire est de préserver et recréer une diversité des habitats, nécessaire à l’installation d’une biodiversité aquatique. »

    (Agence de l'eau Seine Normandie)

    - L'eau, source de la diversité de la vie -

    La biodiversité, une idée récente qui change notre regard sur l'eau

    Le terme biodiversité apparaît dans le langage courant depuis le "Sommet de la Terre" à Rio de Janeiro en 1992.-L'édition 1993 du Petit Robert ne mentionne pas encore le mot-.

    La notion est encore mal connue du grand public.

    Cette "diversité de la vie", au sens étymologique, concerne bien sûr la diversité des espèces, mais aussi la diversité génétique à l'intérieur de chaque espèce et enfin la diversité de relations et d'interactions de toutes les espèces d'un milieu donné (d'un écosystème).

    En mars 2005, un important rapport des Nations Unies, "Evaluation des écosystèmes pour le millénaire", montre que la disparition rapide de la biodiversité depuis 50 ans met en danger la capacité de la planète à subvenir aux besoins de ses habitants dans les années à venir

    Un autre rapport1 de décembre 2007 exprime la même crainte : "Le bilan du demi-siècle passé est très préoccupant … alors même que se profile la menace du changement climatique.  …. En clair, l'humanité détruit à une vitesse accélérée non seulement la biodiversité qu'elle connaît, mais aussi celle qu'elle n'a pas encore découverte."

    Et en ce domaine, s'il est normal de s'inquiéter de la disparition très médiatisée des ours ou des baleines, il est probablement plus inquiétant de constater la dégradation des zones humides ou la régression de la vie microbienne des sols artificialisés ou exploités sans ménagement –"En trente ans, la Beauce a perdu 30% des composés organiques de son sol" 1 et "plus de la moitié des zones humides de France a disparu en 30 ans" 2

    Sans respect pour l'eau (et pour les sols dans lesquels elle circule), c'est la riche et indispensable diversité de la vie qui est en danger…

    1- Rapport de l'Office Parlementaire des choix scientifiques et technologiques.
    2- Source : ministère écologie et développement durable.

    Bernard Chancelier