Origine : Fête-Dieu, Fête du Saint Sacrement ou du Corps du Christ. Elle fut célébrée à Liège dès 1247 sur les instances de Ste Julienne, moniale du Mont-Cornillon (1191-1258). Elle a été instituée pour toute l’église par le pape U
rbain IV , en 1264 (bulle transiturus du 11-8) après le miracle de Bolsena où, en 1263, l’hostie que consacrait un prêtre de passage, Pierre de Prague se mit à saigner (Hostie et corporal tachés de sang sont conservés dans la cathédrale d’Orvieto).
Promulguée de nouveau par Clément V en 1314 et Jean XXII en 1317, cette fête était marquée par une procession ; on sortait le Saint Sacrement. Les autorités de la paroisse et des corps de métiers y participaient. Dans certaines régions (Anjou), on l’appelait le “Grand Sacre”.
À Bournezeau, ces manifestations extérieures de la foi avaient lieu chaque année au mois de juin, 8 jours après la Pentecôte, en la fête du St Sacrement, ainsi que le dimanche suivant.
Le dictionnaire donne la définition suivante du mot reposoir :
dans la religion catholique, autel provisoire dressé dans certaines occasions à l’église ou en plein air pour y faire reposer le St Sacrement.
Dans notre enfance et jusque dans les années 1965 nous avons participé à ces processions à travers le bourg où l’ostensoir contenant l’hostie était porté très solennellement par le prêtre sous le dais.
Là aussi le dictionnaire dit,
dais : ouvrage en tissu ou en bois sculpté suspendu ou soutenu par des montants au-dessus d’un autel, d’un trône ou d’une statue pour des processions religieuses.
Déjà les jours précédant la fête, les enfants des écoles cueillaient des fleurs, abondantes à cette saison dans les champs. Les mamies effeuillaient des roses et autres fleurs du jardin qui étaient ensuite réparties dans des corbeilles et répandues sur le passage de la procession.
Le jour venu, à l’issue de la messe de 10 heures (heure solaire), une longue procession se formait dans la direction d’un ou deux reposoirs confectionnés avec art par des mains expérimentées.
De leur côté, les habitants dont les maisons étaient situées sur le parcours sortaient leurs plus beaux draps brodés et en décoraient leurs murs. Ils sortaient aussi leurs plantes.
On dessinait aussi des rosaces en pétales de fleurs sur le parcours. On chantait en latin : le “Lauda Sion Salvatorem”, puis on récitait le chapelet… Quatre hommes, à tour de rôle, portaient le dais tandis que quatre autres personnalités de la paroisse en tenaient les cordons et se relayaient, tous en grande tenue.
Un autel était dressé, parfois dans un beau cadre de verdure, soit dans
la prairie de Beauregard ou chez Pierre G
Enfin la Croix de procession, portée par le sacristain, reprenait le chemin vers l’église suivie des enfants des écoles bien en rangs, les plus petits brandissant fièrement des oriflammes. Puis, venaient des communiants et des communiantes avec leurs étendards, les filles en robe blanche, la congrégation des enfants de Marie précédée de sa bannière, les chantres, les chanteuses, les nombreux fidèles, les associations et enfin le prêtre portant le Saint Sacrement sous le dais. C’était un temps fort, un moment d’intense piété auquel la plupart des paroissiens avaient à cœur de participer et d’où l’on repartait grandi.
L’ambiance n’était plus la même suite au relâchement de la pratique religieuse, à la guerre, à la soif de plaisirs différents et à l’augmentation du passage des voitures sur les routes. Cette manifestation extérieure de la foi finit donc par être abandonnée vers les années 1965.