1928 : arrivée de l’électricité à Bournezeau

Le conseil municipal a parlé de l’électricité pour la première fois le 14 novembre 1926. Il était question en effet de la création d’un syndicat qui aurait eu pour objet la construction et l’exploitation d’une distribution d’énergie électrique sur le territoire de Bournezeau.

  • Collection Jean Pierre Robert

    Ce transformateur a été enlevé en 1963.

    - 6 février 1927

    Le maire, Louis Rouzeau, exposa au conseil les avantages que présenterait, pour les habitants de la commune, la distribution de l’énergie électrique en vue de l’éclairage et de la force motrice.

    Il fit ressortir que la construction et l’exploitation du futur réseau seraient particulièrement facilitées par la constitution d’un syndicat. Le maire ajouta qu’il convenait de procéder au préalable à des études.

    Après avoir entendu M. le maire et après en avoir délibéré le conseil donna son adhésion de principe à la formation d’un syndicat intercommunal, mais il proposa que le siège du syndicat soit fixé à Bournezeau et demanda le concours gratuit du Génie Rural pour les études et projets du réseau. .

    - 17 juillet 1927

    Le conseil  municipal décida de donner son adhésion définitive à la constitution d’un syndicat intercommunal qui regroupait Bournezeau, Thorigny, les Pineaux et Château-Guibert. Le conseil accepta la quote-part des dépenses incombant à la commune, mais il fut entendu que la somme à verser se ferait sur les dépenses réellement faites  et contrôlées par le service du Génie Rural, après déduction des subventions qui pourraient être accordées.

    Le syndicat fut installé à Bournezeau et sa durée fixée à 40 ans.

    Les fonctions du receveur étaient exercées par le receveur municipal  de Bournezeau. M. Louis Rouzeau, maire, et Pierre Daniel-Lacombe conseiller municipal (député de 1906 a 1914), furent élus délégués au syndicat.

    Ce syndicat, reconstitué en 1947, s’est élargi à 12 communes, avec M Joguet, maire, comme président.

    - 8 avril 1928

    M le maire précisa que la réalisation du 1er réseau de basse tension coûterait 41 000 F à la commune. Elle disposait de 35 000 F, elle fit donc un emprunt de 6 000 F pour le complément, au taux de 6%.

    - 17 mai 1928

    Le maire exposa au conseil que le territoire de la commune allait être incessamment électrifié.

    En conséquence, le conseil municipal considéra que la construction et l’exploitation du futur réseau devraient être surveillées. Louis Joguet, vétérinaire adjoint au maire, fut chargé du contrôle. Quant à l’exploitation, elle fut assurée par les agents de l’état.

  • La Mathurine – novembre. 1950

    - 4 novembre 1928

    Le maire envisagea un réseau d’éclairage municipal : 14 lampes furent prévues et les lieux bien précisés. Une lampe fut en effet prévue sur le transformateur, ce qui confirme que le courant était bien là.

    Ce transformateur, que beaucoup d’anciens ont connu, était situé sur la place des 3 canons, appelée alors"La place du transformateur électrique.״   (Voir photo page 16)

    - 15 décembre 1929

    Le conseil unanime autorisa M. le maire à signer une convention avec la société Vendéenne d’électricité pour une extension de ligne vers la place de l’église, ce qui a permis l’électrification de l’église, à l’automne 1930.

    L’électricité fonctionnait dans l’église à Noël 1930.

    La facture des 22 lampes de l’électrification de l’église s’est élevée à 5 395 F. (soit 8,22 euros) L’installation était garantie 2 ans.

    Il fut aussi décidé la pose de fils supplémentaires de 30/10 de diamètre entre le terminus et le poteau situé en face de la propriété de M. Rouzeau, qui habitait alors au logis de la Miltière.

    - 21 mai 1933

    Le conseil envisagea l’extension d’une ligne électrique du bourg à la route de la gare

    - 14 juillet 1933

    Le conseil donna son accord à l’établissement d’une ligne électrique pour desservir la gare et les maisons d’habitation sur le parcours de la route de la gare. Le montant de l’investissement s’élevait à 14 500 F, 6 500 F furent pris sur les finances de la commune, le reste se fit par un emprunt de 8 000 F contracté auprès de Gustave. Jousseaume pharmacien à Bournezeau.

    - 3 octobre 1933

    La commune fit une avance financière de 1 000 F pour les travaux d’installation électrique dans la gare.

    - 23 mai 1937

    Pour permettre l’extension du réseau communal aux écarts (villages), M. le maire proposa des études afin d’établir un plan d’ensemble pour obtenir des subventions.

    - 30 janvier 1938

    Rattachement de la commune de St-Vincent-Puymaufrais au syndicat d’électrification de Bournezeau. Suite à la demande du conseil municipal de Saint-Vincent Puymaufrais, celui de Bournezeau donna un avis favorable.

    - 29 mai 1938

    Le maire proposa de conduire la basse tension aux villages suivants : Les Salines, la Mathurine, la Borelière, l’Ezière, la Terrandière, la Briolière. Ce projet pouvait être étendu si les ressources le permettaient. Il en fut ainsi décidé à l’unanimité. Mais l’arrivée de la guerre a anéanti ces projets.

  • Touvent − automne 1953
    Il a été démoli en octobre 2010

    On peut noter que l’électricité fonctionnait au Thibeuf depuis 1932 grâce à une turbine installée sur la Doulaie. Sa production était liée aux périodes pluvieuses. Elle était nulle l’été car il fallait un courant d’eau suffisant pour son fonctionnement. Néanmoins le système à duré jusqu'à l’arrivée de l’électricité en novembre 1953.

  • Villeneuve – 1954

    Pendant la guerre, le besoin d’électricité se fit de plus en plus pressant. En effet, cinq éoliennes furent installées à Bournezeau, (aucune à St Vincent Puymaufrais).

    1- Au début de la guerre, l’entreprise Charrier de la Croisée de la Boule avait installé une éolienne, près de l’ancienne forge, sur pylône métallique.

  • Photo Clovis Charrier

    2 - A Forgette, chez le père Marcel Brochet en 1942, l’éolienne était montée sur des poteaux en bois, proche du pignon Est de sa maison. Son fonctionnement a cessé en 1947 à cause d’un orage qui a cassé l’éolienne.

    3 - Une autre fut installée à Villeneuve par Pierre Grangé, propriétaire exploitant (également négociant en grains). Les familles Rattier, puis Bordage, salariées de Pierre Grangé, exploitaient cette ferme, aujourd’hui cultivée par la famille Crépeau.

    Cette éolienne fixée sur pylône métallique, très proche de la maison, n’a pas attendu l’arrivée de l’électricité. Son fonctionnement a pris fin avant 1950. Le système n’était pas au point, les batteries ne remplissaient pas correctement leurs fonctions. En effet quand le vent était fort, les ampoules éclairaient beaucoup et baissaient quand le vent se calmait. Quand le vent était trop puissant, il fallait actionner le frein afin de ralentir la vitesse de l’éolienne. D’autre part, le système était très bruyant. Un jour de grand vent, l’éolienne, qui avait la forme d’une hélice, a été projetée et s’est fracassée à plus de 50 mètres.

    Dans ces deux exploitations agricoles, Forgette et Villeneuve, l’éolienne assurait tant bien que mal l’éclairage de la maison, de la grange et des écuries.

    4 - Une éolienne était également installée chez M. Chenu à la Terrandière, elle était fixée sur la cheminée de la maison. Une tempête mit fin à son activité avant 1950. Elle aurait fonctionné 4 ou 5 ans.

    5 - Henri Auneau, un habitant du Bois Bonneau, avait aussi installé son éolienne sur le toit de sa maison.

    Puis, la perspective de l’arrivée de l’électricité a mis fin à l’imagination des plus entreprenants.

    En effet en 1948, le conseil municipal a élaboré un projet d’électrification de tous les villages. La réalisation s’est faite entre 1950 et  1956.

    Voici dans l’ordre les années de mise en service des transformateurs de Bournezeau, il en a fallu 10 pour couvrir le territoire communal.

  • La Jarrière a toujours son transfo, mais il n'alimente plus les trois villages de Bournezeau. Suite à une restructuration générale, ces transformateurs ont été progressivement supprimés. Les deux qui restent en place sur Bournezeau sont Villeneuve et la Mathurine.

    A Saint-Vincent-Puymaufrais, l’électricité n’arriva dans le bourg qu’en 1949.

    Pour couvrir la commune il a fallu 6 transformateurs.

    Voici les dates de leur mise en place :

    1° Le Bourg                 29 novembre 1949

    2° La maison Neuve                      fin 1950

    3° Le Pâtis                             octobre 1953

    4° La Ménerie                               été 1954

    5° L’Augoire         -             28 juillet 1955

    6° La Connelière/Ricotière  27 avril  1956

    Seul, celui de L’Augoire subsiste aujourd’hui.

  • L’Augoire 1955

    M Perreau-Pradier, Préfet, inaugura le même jour, le 28 juillet 1955, les transformateurs du Petit-Bocquet et celui de L’Augoire.

    Cette nouvelle énergie a profondément modifié nos métiers et la vie à l’intérieur de nos maisons, avec l’arrivée de l’électroménager et de la télévision.

    A propos de télé, on ne sait pas quand la première est arrivée à Bournezeau, mais peut-être le savez-vous ? On sait par contre que la 7ème télé fut installée à Bournezeau en janvier 1962. C’était assez cher mais un électricien de La Roche, M. Guesdon, proposait de louer des télés sur 3 mois autour de Noël ou à l’année (au prix de la redevance : 150 F à l’époque, soit près de 23 €).

    Avec l’arrivée de l’électricité, les lampes Pigeon, les lampes-tempête et les lampes à carbure ont alors été jetées dans les buissons. Mais, quelquefois, soigneusement rangées dans les greniers.

    Les anciens ont donc vécu la mise en place de cette nouvelle énergie. Leurs petits-enfants comprennent difficilement ce qu’était la vie avant l’électricité.

    De même, avec l’ordinateur et Internet les grands-parents d’aujourd’hui ont parfois du mal à imaginer ce que vivent leurs enfants et petits-enfants. Ils sont aussi un peu déphasés.

    Mais c’est ainsi que va la vie de génération en génération.

    Henri Rousseau

    N.B : Les informations ont été obtenues à la mairie dans les délibérations du conseil municipal.
    Les dates de mise en service des transformateurs ont, pour la plupart, été recueillies  auprès des anciens.