Henri S
Une mère très pieuse, deux oncles maternels prêtres, et une sœur,
qui se fera religieuse puis une Institution Catholique constituaient
des milieux favorables à la naissance et à la maturation de sa
vocation sacerdotale. Commémorant , dans la revue du collège de
janvier - mars 1967, le décès de son ami, Dom Philibert M
« Ceux d 'entre nous qui étaient à Richelieu lors de la guerre 14-18, n 'ont sans doute pas oublié la silhouette de ce soldat, bleu horizon, qui, sous l'escalier de la tribune, au fond de la Chapelle, dans le plus profond recueillement adorait; le Seigneur pendant que nous sortions pour nous rendre au dortoir après la prière ... Quel exemple muet ! »
En octobre 1922, il entre au grand Séminaire de Luçon. Pendant
plusieurs années, il occupe ses congés d'été comme moniteur à la
colonie de vacances de Plélan-le-Grand (Ille-et-Vilaine). Il aimait
beaucoup cet apostolat qui le pré¬parait à son ministère futur. Il
fut ordonné prêtre à Luçon le dimanche 9 octobre 1927 par Mgr
Gustave Lazare G
Ayant obtenu sa licence en 1930, il est alors nommé à l'Institution qui l'avait accueilli en Sixième à la rentrée de 1916 ! Il y exercera la plus longue partie de son ministère, d'abord comme professeur, puis comme préfet de discipline et, en 1953, comme Supérieur. En 1958, à sa demande, il redevint simple professeur. En 1973, il quitte son collège et est nommé aumônier de la maison de retraite «La Smagne» Sainte-Hermine. II restera jusqu'à sa mort, à l'âge de soixante-treize ans, le 10 décembre 1977, l'année même de ses cinquante ans de sacerdoce.
Professeur attentif à fournir à ses élèves tout ce qui pouvait
développer leur intérêt pour les sciences naturelles, il aimait, par
exemple, les emmener au château de Beautour, pour admirer et étudier
les collections de papillons rassemblées par son propriétaire
Georges D
Il suivit avec grande attention le progrès des constructions
décidées en 1956. La vieille maison de Mirville allongeait ses ailes
pour accueillir de nouveaux élèves. Quand, dans les années
cinquante, pour construire de nouvelles chambres au grand Séminaire
de Luçon, on avait rapatrié à la Roche les oiseaux et les herbiers
du musée de l'Institution Richelieu, on les avait entreposés en hâte
dans les greniers à la merci des mites et de la poussière. L'abbé S
Sa piété envers la Vierge Marie l'avait souvent conduit à Lourdes.
En 1958, année du centenaire des Apparitions, c'est lui qui lança le
projet d'un pèlerinage organisé par le collège lors du week-end de
la Pentecôte : deux cars d'élèves, accueillis au passage, à l'Abbaye
de Tournay, chez son ami Dom Philibert M
II consacrait volontiers ses vacances à des recherches sur l'histoire de Bournezeau. il a copié à la main des pages et des pages de documents d'archives pour, ensuite, les taper à la machine ; un vrai travail de bénédictin !
L'abbé S
Ceux qui le connaissaient, ne s'arrêtaient pas à ses réflexions parfois abruptes. Car sous son air bougon, il cachait une immense délicatesse, une jeunesse d'âme assez extraordinaire, une curiosité ouverte à tous les domaines, en particulier le cinéma et une capacité d'admiration développée par ses études de sciences naturelles.
Il refusait les privilèges : quand, à sa demande, il avait repris modestement sa place de professeur, il était allé jusqu'à s'offrir pour assurer, malgré son âge, des surveillances de nuit fort peu agréables devant lesquelles les jeunes renâclent facilement.
II ne recherchait pas les honneurs ; mais il a bien mérité d'être
fait Chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques pour «services
rendus à l'Enseignement», le 11 avril 1961. Et dans le souvenir
cordial de tous ceux qui l'ont connu comme condisciple, collègue,
confrère, l'abbé S
En dehors de ses charges de professeur et ensuite de Supérieur de
l’Institution Richelieu, l’abbé Henri S
Nous, ses neveux et nièces, l’avons connu dans cette ambiance familiale qu’il appréciait tant et partageait entre la maison de son frère Georges, l’expert, face à la cave du Moulin et la maison de son frère Joseph, l’horloger-bijoutier, place des Papillons. Le passage de l’une à l’autre était facile, à peine cent mètres les séparaient.
On le voyait souvent déambuler dans les allées du jardin, lisant son bréviaire ou égrenant son chapelet. Il prenait le repas du midi chez l’un et le repas du soir chez l’autre, c’était une règle qui n’était transgressée qu’à l’occasion de certaines fêtes.
Il participait à la vie religieuse de la paroisse autant que cela lui était possible. Des photos le montrent officiant lors de cérémonie de communion et on le voit présent à la Mission de 1946. (voir ci dessous)
Ceux d’entre ses neveux qui étaient enfants de chœur se souviennent lui avoir servi la Messe quand il prenait ces «vacances», toujours tôt le matin.
Marie-Thérèse D
La distinction de “chanoine honoraire” lui a été accordée en 1956, lors du centenaire de l’Institution. Après cela, certains à Bournezeau prirent l’habitude de l’appeler “M. le Chanoine”.
De son côté, Jean B
J’ai personnellement gardé de lui le souvenir d’un passionné de nature et de sciences, connaissant les noms d’une multitude d’insectes, de plantes, d’oiseaux, de papillons…
Membre de la Société Mycologique de Vendée, il étudiait les champignons au microscope et nous faisait participer à ses observations. Je me souviens d’une séance de dissection de grenouille où il nous montrait les différents organes et le fameux réflexe du muscle de la cuisse qui bouge encore après la mort du batracien. Une journée de “grandes vacances” nous avons eu droit à la maxi- dissection d’une énorme couleuvre jaune et noire d’au moins 1,20 m ou 1,30 m, trouvée morte, après une traversée de route imprudente, à l’entrée du chemin des “colonies” près de “l’école des gars”, en face où nous habitions.
Il s’intéressait aussi à l’astronomie et avait une petite lunette en laiton sur pied à travers laquelle il nous faisait observer les cratères de la Lune ou les taches du Soleil.
De façon générale il aimait transmettre son savoir et ses élèves de Richelieu appréciaient ce professeur attentif à ce qu’ils acquièrent non seulement les connaissances de l’esprit mais aussi de grandes qualités d’âme. Ceux-ci en témoignaient au travers des remerciements de fin d’année qu’il avait précieusement conservés. Témoignages aussi par de nombreux courriers d’anciens élèves, retrouvés dans ses dossiers. Il fut le trésorier de l’Association depuis au moins les années 50 jusqu’à son décès et par là en était le lien.
Entre les années 50 et 60, il ajoute, à son activité d’enseignant et de responsable d’établissement, des recherches historiques sur Bournezeau. Il va entreprendre un travail énorme et fastidieux. Ceux qui connaissent les recherches en archives savent ce que cela peut représenter ! Il va explorer les archives paroissiales et municipales de Bournezeau, les archives de l’évêché à Luçon, les archives départementales à la Roche-sur-Yon. Il ira jusqu’à celles de la Rochelle et a aussi puisé aux archives de Poitiers.
Cela représente de multiples déplacements, des heures, des jours à
compulser, trier, classer ce qui peut être intéressant ou
anecdotique, recopier manuellement sur place et ensuite tout
retranscrire à la machine à écrire. A l’époque, pas d’ordinateur ni
d’archives sur internet ! « Un vrai travail de bénédictin »
commente l’abbé R
La santé de l’abbé Henri avait été énormément affectée en raison d’un grave accident de la route près de Montélimar en 1960, au retour d’un pèlerinage en Terre Sainte. Atteint à la colonne vertébrale et hospitalisé à Lyon, il s’en est fallu de peu qu’il ne reste paralysé. Après de longs mois sa ténacité lui permit de retrouver l’usage de ses jambes. Par la suite les séquelles de cet accident le fatigueront de façon permanente.
En 1973, il a soixante neuf ans et ne se sent plus en mesure d’assumer pour la rentrée de septembre les cours d’encore une année scolaire. Cependant il ne veut être en charge pour personne et désire continuer à être utile. Les autorités religieuses lui permettent alors de poursuivre son sacerdoce en tant qu’aumônier à la maison de retraite La Smagne de Ste-Hermine. Dévoué à ses nouvelles ouailles, il fut là aussi apprécié de tous, jusqu’à son décès en 1977. Il avait 73 ans.
Tout son travail en archives, de l’ordre de 200 pages dactylographiées, concernant l’histoire de Bournezeau, faillit alors disparaître : vieux papiers destinés à être brûlés après le déménagement de son bureau de Ste Hermine. Le hasard m’a permis de récupérer à temps l’ensemble du dossier original. Il fallu alors, après déchiffrage, classer ces documents et les rassembler par rubriques en onze cahiers (voir liste). Une tentative de mise en pages sur ordinateur a été entreprise par un membre de la Commission Histoire mais n’a pas abouti : arrêt après 4 cahiers sur 11.
Ces onze cahiers sont une œuvre majeure sur l’Histoire de Bournezeau et ce travail mérite d’être respecté
. Liste des 11 cahiers :
1 - Premiers documents sur l’histoire de Bournezeau de1092 à 1788
2 - Bournezeau sous la Révolution. De 1784 à 1824
3 - Délibérations du Conseil Municipal et arrêtés de 1827 à 1922
4 - Extraits d’archives municipales. De 1838 à 1921
5 - Divers et variétés d’évènements. De 1832 à 1922
6 - Diverses chroniques d’avant la nouvelle église de 1705 à 1865
7 - Ancienne église de 1832 à 1875
8 - Documents du Conseil de Fabrique. De 1668 à 1958
9 - Nouvelle église et clocher de 1877 à 1958
10 - Extraits du dossier Bournezeau à l’évêché de Luçon. De 1834 à 1933
11 - Extraits des registres paroissiaux de Bournezeau. De 1680 à
1803
Dans ses dernières années, un de ses plus grands plaisirs fut de réunir tous ses neveux et nièces avec épouses, époux et enfants, pour un repas convivial en 1974. Sa famille et chacun d’entre nous avons gardé de lui un souvenir différent en fonction de nos sensibilités, mais toujours empreint d’admiration et de respect
De nombreux articles déjà parus dans Au Fil du Temps font
référence aux recherches de l’abbé Henri S