Le pain est la base de notre alimentation depuis des millénaires. C’est une longue histoire qui a commencé 8000 ans avant JC :
Les civilisations méditerranéennes ont été les premières à en confectionner. Les égyptiens cuisaient du pain sans levain. Ils ont découvert le levain par hasard. Les grecs et les romains ont utilisé des levures de vin conservées dans des amphores. Les gaulois utilisaient l’écume de boisson céréalière (bière) et obtenaient un pain plus léger.
Il a été le pain de famine au Moyen-Âge. A partir de 1050, obligé d’utiliser le moulin et le four banaux, chaque foyer devait payer le ban . C’est l’origine du métier de talmelier, l’ancêtre du boulanger.
Des marches de la faim ont eu lieu pendant la Révolution Française (Pensez
au boulanger, à la boulangère et au petit mitron,surnoms donnés à Louis
Le bulletin communal de juillet 1998 cite dans un article la liste des
métiers exercés à Bournezeau autour des années 1920, dont pour les deux
boulangeries en place : Alphonse C
Les premiers portages de pain se sont faits à la brouette, puis en voiture à cheval (photo de "Mouton" l’Ardennais ci-dessous) ensuite sont arrivés les fameux véhicules à moteurs (gazogènes), enfin, ceux à essence, les fourgons.
Un répertoire conservé et tenu par la femme d’Alcide G
Auparavant, le four était d’abord chauffé à la fournille. Il avait donc fallu (opération non sans risque) sortir ces braises incandescentes, les mettre dans des étouffoirs, énormes chaudrons fermés, où ces mêmes braises étaient conservées l’hiver, entre autre pour les chaufferettes. En effet, les grand-mères du quartier se réjouissaient de trouver de la “braisette” pour remplir leurs chauffe-pieds. La dernière opération avant d’enfourner était de passer la “nippe”, long manche en bois muni d’une solide serpillère mouillée, pour nettoyer les cendres des carreaux.
Ce travail de nuit était très éprouvant, avec le chauffage au bois qui demandait beaucoup de manipulations. Les bras du boulanger étaient aussi deux outils précieux : la farine entreposée dans le grenier tombait dans une “manche”, sorte de tuyau en coton qui évitait les projections de farine vers le pétrin en chêne situé dans le fournil. Farine, eau, sel, levure, les quatre ingrédients essentiels pour la fabrication du pain étaient malaxés, retournés maintes et maintes fois par ces deux bras solides et vigoureux... Et l’on n’entendait plus que les “han-han”du boulanger dans le fournil.
Les deux pâtisseries principales confectionnées étaient la brioche et le gâteau de Savoie. La brioche de Pâques (pacaude) était non tressée et remportait beaucoup de succès.
Le savoie était confectionné dans une bassine en cuivre (cul-de-poule). On le commandait souvent pour les mariages et les baptêmes. Il était décoré de sucre glace, saupoudré à l’aide de pochoirs métalliques représentant des roses ou “Bonne Fête et Joyeux anniversaire. Pour les mariages, on ajoutait des dragées blanches et des bleues ou roses à l’occasion des baptêmes. La boulangère mettait souvent la main à la pâte (si l’on peut dire !) en aidant son mari pour les décorations.
Parfois, quand les carreaux réfractaires (32 centimètres au carré, 6 centimètres d’épaisseur) sont trop craquelés par le feu, des ouvriers spécialisés viennent les changer, en rampant au fond du four ! Bonjour le confort et la poussière ! Mais une cheminée située au fond du four permettait aussi le mouillage des carreaux (Il fallait prévenir l’étouffement) et l’évacuation d’un excès de chaleur.
Dans un vaste grenier, toujours au-dessus du fournil actuel, le répertoire note après la guerre, un 16 mai, la rentrée par charrette à bœufs de 801 fagots de fournilles et le 16 août suivant, la rentrée de 425 fagots de fournilles de bois et de 125 fagots de laurier, tous montés à la fourche par la rue de l’Ancienne Mairie.
Dans les fermes on livrait beaucoup de pains de 6 livres et de 4 livres : Pour 1 mois : 15 pains de 6 L. à la Fraignaie, 42 pains de 6 L. à Villeneuve, 77 pains de 6 L. à l’Augoire, 157 pains de 6 L. à la Perdrière. Les batteries (ou battages) et les noces, grands rendez- vous festifs locaux de plusieurs jours, augmentaient d’autant plus la demande et le travail.
Des ventes se faisaient régulièrement entre le commerce et les clients du bourg, de la campagne, des fermes et des châteaux : sacs de son, doubles de son, kilos de pâte, sacs de farine et pochées de 44 kg de farine précisément.
Après la seconde guerre, on note un reçu de Monsieur PUAUD de 72 livres de farine à valoir sur la “coche” : baguette en noisetier qui servait à compter le nombre de pains délivrés. Une coche sur laquelle on pouvait compter de 45 à 65 coches, avait toujours son double (une chez le client, une chez le boulanger). Certaines personnes de Bournezeau ont gardé leur ancienne coche.
Pour les fêtes, on faisait aussi des pièces montées (de 9 à 11 roues), des savoies, des brioches, la fameuse galette de Pâques que l’on s’arrachait la semaine Pascale et que l’on portait à la noce, à bout de bras, pour la danser. Brioche pascale que l’on venait aussi chercher de très loin, voire de Nantes et même de Paris.
Sans dévoiler un secret ni le tour de main, pour une brioche de 100 livres, il fallait compter 100 œufs, 12 livres de sucre, 10 livres de beurre, 18 livres de levain et ¾ de bassine d’eau.
A l’époque, on ne connaissait pas encore les colorants ni les adjuvants. Normal : Autre temps, autre méthode. Seulement la vie était calme, moins stressée et plus conviviale. Aujourd’hui, le travail reste toujours le travail !
Tout ce temps-là est révolu. La mécanisation, les appareils électriques sont venus révolutionner et apporter un confort notoire à la profession. Mais nous tenons à dire (sans être cocorico) et en nous appuyant sur des études récentes, que le pain français reste le meilleur au monde.
La date est celle où le métier a été mentionné pour la première fois dans l’état civil ou dans les registres paroissiaux.
1882 -C
1906- C
1908 - C
1940 - C
On trouve trace de quelques ouvriers ou apprentis : Abel B
1967 - G
1985 - S
- Clientèle et achalandage.
- Meubles et objets immobiliers servant à l’exploitation du dit fonds et dont les principaux sont ci-après détaillés :
1) Un pétrin en chêne estimé 300 Francs ;
2) Un Parisien estimé 100 Francs (c’est un long tiroir où sont
entreposés les pâtons avant enfournement) ;
3) Divers bannetons ou pannetons estimés 100 F ;
4) Une machine à gâteaux et sa bassine en cuivre : 250
Francs ;
5) Divers moules à gâteaux, estimés 100 Francs ;
6) Un étouffoir en tôle estimé 50 Francs ;
7) Un jeu de pelles à four et un râble en fer creux, 80 Francs ;
8) Un lot de couches et flanelles estimé 50 Francs ;
9) Deux paires de balances et leurs séries de poids, 20 Francs ;
10) Une bascule et ses poids, estimés 30 Francs ;
Un cheval blanc appelé “Dragon” et ses harnais et une voiture forme
break servant au transport du pain ;
1841 - T
1868 - R
De 1896 à 1921 - G
1921 à 1923 - G
1923 – G
1962 à 1973 - G
1973 à 1983 - G
De 1896 à 1983, il y a eu 4 générations de boulangers de la même famille.
1983 à 2006 - P
2006 - D
Il y avait peut- être un autre boulanger, dans un autre lieu, puisque
nous avons trouvé un très grand four, au 4 place du Commerce, (autrefois
appelé Champ de Foire) à côté de chez Pierre M
On ne connaît pas le nom du boulanger qui aurait pu exercer son métier
dans ce lieu. Mais on a observé dans les recensements qu’en 1851, R
A une dizaine de mètres de ce four, dans le jardin de Pierre M
Avant 1920, au 4 place du Commerce, il y avait un dépôt de pains tenu par
Narcisse B
Un autre four de petites dimensions, se trouvait dans le quartier de la
Tête Noire. En partie déconstruit, au lieu-dit “La Villalise”chez
le père Ernest C