Dans un précédent numéro, nous avons levé le voile sur le mystère de la Tête Noire, témoin de l’histoire de notre commune depuis plusieurs siècles. Elle est située au carrefour que l’on nomme communément “carrefour de la Tête Noire”, mais que nous aurions pu appeler “carrefour de la vieille maison” ou encore “carrefour de la maison renaissance”. Car si du vieux Bournezeau il ne reste que très peu de chose, le château médiéval et l’ancienne église ayant disparu, existe toujours une vaste maison qui peut être datée du XVIème siècle.
On la connaît sous deux noms : la Gabare et la Maison du Sénéchal. Pourquoi la Gabare qui est un bateau à fond plat ?Peut-être à cause de la forme de la maison autrefois. En revanche, sous l’Ancien Régime, le sénéchal exerçait des fonctions administratives et judiciaires au nom du seigneur de Bournezeau. Son rôle était donc important, à l’image de cette maison imposante : elle avait donc pu lui servir d’habitation. Le cadastre de 1825 ne nous apporte aucune information si ce n’est le nom du propriétaire à cette époque, un nommé Cottreau. Depuis, la maison a appartenu à la famille Marchand, puis à Eugène Piffeteau, à Eugène Vallet et à Mireille Moumein.
Bâtie solidement sur un rocher granitique avec une base massive et des murs épais, on y retrouve des éléments architecturaux caractéristiques de cette époque de la Renaissance qui commence en France à la fin du XVème et s’achève un siècle plus tard.
Le premier élément visible est l’encadrement de la porte de droite en façade. Elle est entièrement moulurée de feuillures successives qui se terminent par une double accolade au niveau du linteau. Ces dernières reposent sur deux bases plus finement travaillées. L’ensemble est en granite.
Sur le linteau, une ouverture vitrée, appelée une imposte, permettait d’apporter de la lumière à la pièce. Il est donc probable qu’à l’origine la porte était pleine.
L’affleurement du granite sur toute la longueur de la façade et les pierres ajoutées sur lesquelles reposent les deux bases des montants de la porte, prouvent que le devant de la maison a été creusé, peut-être lors de la création de la route de la Roche-sur-Yon à Sainte-Hermine au début du XIXème siècle ou suite à l’élargissement de la route au XXème siècle
Les deux autres ouvertures du rez-de-chaussée ont été rajoutées beaucoup plus tardivement, au XIXème ou au XXème siècle. Le linteau de la porte qui sert aujourd’hui de porte d’entrée est sans aucun doute un réemploi puisque l’accolade est décentrée.
Le deuxième élément visible est l’encadrement de la fenêtre principale au premier étage. Elle reprend des caractéristiques similaires à la porte : encadrement mouluré avec une base plus finement sculptée. Elle est de forme carrée et bien sûr en granite.
La seconde fenêtre du premier étage est plus petite et plus modestement ouvragée.
Enfin la dernière fenêtre, au deuxième étage, se contente d’un encadrement de pierre en granite.
Un autre élément caractérise les maisons renaissance : la présence de cheminées trapues.
Selon M. Moitié, propriétaire de l’ancien château de Bournezeau, il en existait une dans cette maison. Elle a été démontée il y a plusieurs décennies. Les pierres qui la composaient ont été stockées dans une dépendance de l’ancien château.
Les deux cheminées en granite qui existent toujours ne semblent pas être d’origine.
L’intérieur de la maison a été totalement modernisé. Il ne reste rien d’origine si ce n’est les deux coussièges en granite au niveau de la fenêtre principale du 1er étage.
Malgré de très nombreuses modifications au cours des siècles, la maison renaissance de Bournezeau a gardé un cachet architectural et historique intéressant. Elle reste aujourd’hui une des plus anciennes maisons de la commune.