Le Pont de la Rochette

Situé dans un site pittoresque, le pont de “la Rochette” est bien connu des touristes. Il enjambe la rivière “Le Lay” dans un site encaissé. Il relie les communes de Sainte-Hermine et de Bournezeau (autrefois Simon-la-Vineuse et Saint-Vincent-Puymaufrais). Dans son ouvrage, l’Abbé Aillery (1806-1869) précise, page 144, que pour Puymaufrais, on traverse “le Lay” sur deux ponts, l’un en bois appelé “le Pont de Trizay” et l’autre à sept arches et en pierres, est appelé “le Pont de la Ricotière”


Le pont de la Rochette vu du côté de Puymaufrais

La beauté des lieux a au cours de ces dernières années été mise en valeur par l’aménagement de“La Vallée du Grand Bateau”.

Avant le pont actuel, il existait un pont en bois construit en 1788 par Monsieur Barré de la Ricotière. (Maurice Brillaud dit 1786).

Ce pont aurait été très endommagé en 1793.

Entre 1840 et 1850, la décision fut prise de la construction d’une route vicinale entre la Vineuse et le pont de la Rochette, en passant près de Rénard.

Le terrain pour la construction de cette route entre la Croisée-des-Cinq-Moulins-Chasserat et le pont de la Rochette a été donné par Philippe de Citoys à la commune du Simon-la-Vineuse.

Le pont actuel en pierres aurait été construit entre 1840 et 1850.

Avant la construction de cette route, il existait entre Rénard et la Rochette un sentier muletier en contrebas de la route, le long de la rivière. On peut encore voir le tracé de ce sentier.

Il existait aussi un chemin plus large, entre Chasserat et le pont, plus au nord. Ce chemin prenait sa naissance à proximité des bâtiments de Chasserat et aboutissait à la Rochette. Ce chemin figure en partie seulement sur le plan cadastral actuel.

En 1788, l’Assemblée Municipale de Saint-Hermand a pris une délibération qui permet de connaître la situation des lieux, la vie, et les soucis des habitants peu de temps avant la révolution.

La commune de Saint-Hermand a été supprimée par décret impérial le 16 juin 1808, et fut rattachée à celle de Ste Hermine.
La commune du Simon et celle de la Vineuse ont été réunies, par ordonnance royale le 20 février 1828, pour s’appeler “Le-Simon-la-Vineuse”.
Cette commune a ensuite été rattachée à la commune de Sainte-Hermine en 1971
Cette délibération est ainsi libellée

Assemblée municipale de Saint-Hermand (année 1788)

Indépendamment des grandes routes dont l’utilité est connue, divers chemins coupent la paroisse de Saint-Hermand et servent à sa communication avec les paroisses qui l’avoisinent. Mais l’attention de l’Assemblée Municipale se fixe principalement sur celui qui prend sa naissance près de l’église de Saint-Hermand et se divise à quelques centaines de toises en deux branches qui conduisent à la Vineuse.
Ces chemins très fréquentés par les marchands qui viennent de la foire de Bournezeau, par ceux qui vont acheter dans les marais du Poitou des chevaux pour les provinces qui n’en n’élèvent pas, servent encore à conduire dans ces marais des bœufs achetés dans les marchés de la Saintonge pour l’approvisionnement de Paris.
La municipalité ne doute pas que les paroisses par lesquelles ces chemins sont dirigés ne demandent aux assemblées du département, desquelles elles relèvent, la régénération dont ils peuvent avoir besoin. Quant à elle, elle observe qu’à la sortie de Saint-Hermand ce chemin se trouve resserré dans un fond où les pluies les moins considérables amassent une quantité d’eau qui rend, presque toute l’année, ce chemin impraticable aux gens de pied, très souvent aux voitures et aux chevaux, et qui oblige les voyageurs à des détours incommodes. Les eaux dont ce chemin a été couvert une partie de l’année, et qui ne sont pas encore écoulées, ont empêché d’estimer, même par approximation, la dépense nécessaire pour le réparer. On croit seulement qu’il faudrait élargir ce chemin dans le fond, faire un pontereau avec une chaussée devant et derrière ; presque toute la pierre se prendrait sur les lieux. Si l’Assemblée, frappée de ces motifs d’utilité et des inconvénients qui les anéantissent, faisait faire un devis estimatif de ces réparations, la communauté, quoique pauvre, quoique épuisée par une suite de mauvaises récoltes, ferait ses efforts pour obtenir par des offres, un atelier de charité, dans cet endroit. Elle aurait d’autant plus lieu d’y prétendre que les bienfaits du Gouvernement ne se sont pas étendus jusqu’à elle : qu’en 1786, elle n’a obtenu aucun soulagement, des pertes qu’elle a essuyées, et dont cependant le tableau avait été envoyé aux bureaux de l’intendance de la perte occasionnée par la grêle.
L’Assemblée Municipale observe encore que ce chemin va devenir d’autant plus intéressant qu’un peu de travail peut faire aboutir une de ses branches au pont que Monsieur Barré de la Ricotière fait construire sur le Lay. Cette rivière rapide, sujette à des débordements, est privée de ponts sur lesquels on puisse la traverser. Les voyageurs sont obligés de s’abandonner à ses courants dans des bacs, dont quelque désastre fait chaque hiver connaître de plus en plus des dangers. Les habitants de l’autre bord privés de communication avec les paroisses d’où ils tireraient leur subsistance.
La province doit un tribut de reconnaissance au citoyen généreux, qui, pénétré de l’amour du bien public, lui sacrifie son repos et une partie de sa fortune, mais ce qui doit surtout attirer sur l’auteur de cette entreprise les regards de l’administration, c’est l’économie avec laquelle ces ouvrages sont conduits, c’est la certitude que ce pont coûtera immensément moins qu’on eût exigé de la province, s’il eût été confié à des mains moins économes, et construit dans d’autres vues et sur d’autres principes.
La Municipalité vient d’être instruite que celle de la paroisse de la Vineuse a présenté un mémoire concernant le chemin ; elle se contente d’observer à la commission intermédiaire que les réclamations des deux paroisses établissent l’utilité du chemin et constatent “son mauvais état”. L’annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée en 1878 a fait rajouter ce texte :
Le premier des chemins dont il est ici question est aujourd’hui la route départementale de la Roche sur Yon qui, à la Vineuse reçoit le chemin d’intérêt commun n°26, passant au pont de la Rochette près de la Ricotière, sur le lay, entre les communes de la Vineuse et Puymaufrais. L’autre route située à droite de la première, traverse la campagne, et arrive au pont de la Ricotière construit par Mr.Barré mort sans postérité : M.de Citoys est son héritier.

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Autre délibération municipale de Ste-Hermine n°38 du 5 août 1817 (vue 16/82)

« Aujourd'hui, 5 du mois d'octobre 1817, le conseil municipal de Ste-Hermine réuni et délibérant sur le contenu d'une lettre écrite par monsieur le maire de Puymaufrais, (Alexis de Citoys) et sous la présidence de monsieur Vidal adjoint; considérant que le pont dit de la Ricotière est d'une utilité plus importante aux communes outre Lay qu'à celles situées en deçà de la rivière; considérant qu'il impose à toutes ces communes du canton de concourir à la reconstruction du pont, au rétablissement du chemin qui établit les communications du bocage avec la plaine et que la commune de Ste-Hermine ne doit pas se soustraire à une dépense utile dans l'intérêt de toutes les communes du canton en général; le conseil municipal approuve l'offre de 100 francs et portée par l'adjoint de notre commune et au nom des habitants de Ste-Hermine, lors de la réunion de réflexion des maires du canton chez monsieur le maire de Puymaufray; arrête que cette somme de 100 francs sera prise sur les produits de l'octroi durant l'exercice 1818. Délibéré à Ste-Hermine les jours mois et année dessus.»


Le Pont de la Rochette ou de la Ricotière
vu sous un autre angle

Caractéristiques du pont :

- Longueur : 75 m
- Hauteur : 3 m
-Composition : schistes, calcaire, grès, béton.

La Rochette : L’origine du nom vient de « roche, rocher, rochard, rochasses »

Crues du Lay : L’une des plus grandes crues a eu lieu le 4 novembre 1960.

René Giraudeau
Document rédigé par Jean Chauvière provenant de la Mairie de Sainte-Hermine

Archives départementales de la Vendée, site Internet.