L’Histoire de la Maison Grangé

  La famille Grangé est arrivée à Bournezeau au cours de la 2ème moitié du 19ème siècle. La Maison Grangé a démarré le négoce grains et engrais à la fin du 19e siècle, à une période où tout se faisait manuellement. Un nombre important de personnes de Bournezeau ont travaillé dans cette entreprise qui, à travers ses différentes activités, rayonnait sur toutes les communes avoisinantes. Pendant plus d’un siècle, la Maison Grangé a marqué notre commune.

Quatre générations de Grangé se sont succédé dans l’entreprise

1- Pierre Louis Grangé

  Il est né le 8 mai 1846 à Thouarsais-Bouildroux. Il s’est marié le 28 juin 1871 à Bournezeau avec Séraphie Clavier née à Thorigny le 27 février. Au recensement de 1872, un an après leur mariage, ils habitaient au quartier du champ de foire (14, place des Trois Canons). Ils habitaient encore ce lieu au recensement de 1901. À celui de 1906, ils étaient domiciliés au 3, rue des Halles

>  Pierre est arrivé à Bournezeau après 1866. À 25 ans, lors de son mariage, en 1871, il était déclaré “vétérinaire”. On le retrouve dans ce métier jusqu’au recensement de 1881. Puis à celui de 1886, il est déclaré “empirique” et en 1891 “maréchal expert”, ce qui est équivalent à empirique. Au recensement de 1896, il est noté “négociant”.

>  Parallèlement à son métier initial, il a donc entrepris l'activité de marchand d'engrais entre 1892 et 1896. Il a exercé ce métier avec son fils Pierre-Marie. Il est décédé à Bournezeau, 3 rue des Halles, à 62 ans, le 10 octobre 1908 et son épouse le 4 janvier 1924.

2- Pierre Marie Grangé

  Il est né le 17 avril 1872 à Bournezeau, au 14, place des 3 canons. Il s’est marié à Nantes le 12 août 1902 avec Louise MORIN, d’origine vendéenne,

  Pierre a fait ses études professionnelles à l'École de Pétré. Au recensement 1901 et de 1911, il habitait toujours ce lieu. Plus tard, il est allé habiter la propriété de la Miltière qu’il a achetée le 4 décembre 1918.

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Pierre Marie Grangé vers 1939-1940

  Dès 1896, Pierre et son Père sont cités “négociants”. Ils ont exercé leur activité de “marchand d’engrais” dans le magasin entre la place du Puits Jacob et la maison 3, rue des Halles.

  Pierre a développé l'activité de négoce de grains et engrais. Parallèlement, il a exercé le métier de marchand de biens.

  En 1926, Pierre Marie achète la minoterie du Moulin de Poêle-feu à La Réorthe, puis en 1936 il la transmet à son fils Pierre René.

  Pierre Grangé était un homme d’avant-garde. Il a été le premier de notre commune à avoir le téléphone qui portait le numéro 1.

  Le téléphone est arrivé à Bournezeau en 1906, il l’a peut-être acquis dès ce moment ?

  Il est décédé à Bournezeau le 12 février 1941 et son épouse le 18 mai 1970 à Bournezeau.

3- Pierre René Grangé

  Il est né le 9 mai 1907 à Nantes et est décédé le 31 janvier 2000 à Bournezeau. Il s’est marié en 1937 avec Marguerite Jousselin, née le 28 juin 1910 et décédée le 18 décembre 2006.

  Ils ont eu 3 enfants : Élisabeth en 1938, Nicole en 1940 et Pierre en 1941. Pierre René a été mobilisé en septembre 1939 et a fait la guerre 39/40 jusqu’à la démobilisation. Il était adjudant.

Pierre a terminé ses études secondaires à Poitiers où il a obtenu son baccalauréat, puis est entré dans une école de meunerie.


Pierre Grangé vers 1970

  Pierre était minotier à Poële-feu, mais il était aussi associé avec son père dans l’entreprise de négoce de grains et engrais. Il a contribué activement au développement de ce commerce Après la mort de son père en 1941, la maison Grangé a pris une autre dimension. Pierre était un homme entreprenant.

  Il a diversifié les activités de l’entreprise et a beaucoup innové. Il a exercé plusieurs métiers : minotier, marchand de grains et engrais, fabricant d’aliments pour le bétail  et transporteur. Il a en effet créé, vers 1946, la “MAP” une S.A.R.L de transport, avec Maurice Clerteau et Adolphe Moitié. Cette activité a pris fin vers 1950.

  Il a été aussi exploitant agricole. Son père Pierre-Marie avait en effet, fait l’achat, vers 1920, de plusieurs fermes à Bournezeau. La famille Grangé est passée ensuite à des statuts de métayage et de fermage.

  Toutes ces activités l’ont conduit à construire de nombreux bâtiments.


Pierre Grangé en 1985 au cours d’une allocution auprès du personnel

4- La famille Grangé

  Les trois enfants de Pierre René : Elisabeth, Pierre, Nicole et son mari Michel Berthier, ont participé à la gestion des différentes branches d’activités de la Maison Grangé depuis la fin des années 1950 jusqu’en 2007.

  Après le décès de Pierre René Grangé en 2000, la famille Grangé est restée impliquée dans les affaires jusqu’en 2007, à travers la SEVO.


Pierre Grangé et son épouse en mars 1998

L’activité grains et engrais

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L’activité grains et engrais a commencé entre 1892 et 1896. Elle a pris fin en 1989

  Au début, il n’y avait pas de matériel. Tout le travail se faisait manuellement. Les engrais et les céréales étaient contenus dans des sacs. Les agriculteurs venaient au magasin avec leurs bœufs attelés sur une charrette pour livrer leurs céréales en sacs, et prendre possession de l’engrais en sacs.

  Les engrais vendus étaient contenus dans des sacs de 50 ou 100 kilos. Le blé était livré dans des sacs de 80 kilos, voire de 100 kg. Il fallait beaucoup d’hommes solides pour porter tous ces sacs lourds

 Dès le début, un peu avant 1900, les engrais commercialisés par l’entreprise Grangé arrivaient à la gare. Les chemins de fer avaient construit une halle près de la voie de garage, pour réceptionner, stocker et expédier les marchandises. Ce bâtiment servait à tous les clients de la SNCF. Plus tard, la Maison Grangé, tout en continuant de se servir du bâtiment SNCF, a construit, peut-être autour des années 1920, un autre hangar uniquement pour son entreprise. Ce hangar était assez rudimentaire, il était bardé de planches et couvert en ardoises. Ce bâtiment de la gare a été reconstruit en 1962.

  On ne connait pas les noms des premiers agriculteurs qui ont acheté de l’engrais à Pierre Grangé. On s’interroge aussi sur le type d’engrais commercialisé autour des années 1900. Les engrais azotés et potassiques n’étaient pas encore en vogue. Par contre, les engrais phosphatés devaient être d’actualité, car on en retrouve la vente, en mars 1913, chez Alfred Barradeau, un petit bordier des Pineaux.

  En effet, un cahier de comptes rapporte ce qu’il avait acheté à la Maison Grangé : 2 sacs de phosphate des Ardennes à 18% d’acide phosphorique pour 11 francs et 2 sacs de superphosphate à 16% pour 13 francs. Deux ans plus tard, le cahier montre que le prix de ces mêmes marchandises avait augmenté de 16%.

  1 -Transport des marchandises

  Au début, les engrais étaient transportés du bâtiment de la gare vers le magasin du bourg avec un chariot tracté par un cheval. Plus tard, un camion assurait ce transport vers le magasin et quelquefois directement dans les fermes. Avant la guerre 39/45 et même longtemps après, pour les gros volumes, les agriculteurs allaient aussi de temps en temps s’approvisionner en engrais directement à la gare.

  Pierre Marie Grangé avait acquis, probablement au début de son activité grains et engrais, un chariot à quatre roues tiré par un cheval. On pouvait y mettre environ 1,5 tonne de marchandises. Le chariot fonctionnait encore en 1935. Il a peut-être été utilisé jusqu’à la guerre 39/45.

  Jean Bernereau se souvient que vers 1928/1930, Pierre Marie Grangé était venu, à la forge de son père, pour réparer son camion gazogène qui fonctionnait au bois. Il avait des pneus pleins. C’était probablement son premier camion. Jean pense qu’il avait ce camion depuis plusieurs années. Peut-être dès 1925 ? Clovis Charrier a vu un camion gazogène de la Maison Grangé rouler pendant la guerre, mais ce n’était pas celui de 1930.

  Plus tard, vers 1932/33, la Maison Grangé acheta un autre camion, un Berliet diésel. Alcide Jaulin, qui habitait à la Croisée de la Boule, se souvient l’avoir vu, vers 1933/35. Il dit que ce camion était très bruyant. Quand il allait à l’école, il a vu aussi rouler le chariot tiré par un cheval, sur la route de la gare. Alcide est né en 1925.

Un autre camion Berliet “Willem” a été acheté, un peu avant la guerre. Vers 1942, ce camion chargé de farine a brulé à Poële-feu au moment de de faire le plein de carburant. L’employé, M. Bretaud, qui faisait le plein a été aussi sérieusement brûlé. Mme Clerteauqui était alors secrétaire à la Maison Grangé a donné des soins au blessé brûlé.>


Photo d’un chariot prise dans le Larousse Agricole d’avant 1939. Selon Alcide Jaulin, celui de l’entreprise ressemblait à celui-ci, mais à l’avant il avait un banc où on s’asseyait pour conduire le cheval.

Photo prise sur Internet d’un camion gazogène chargé de sacs de laine de moutons. Avec des pneus pleins, il pourrait dater de 1925. Celui de la Maison Grangé lui ressemblait peut-être
  
Alcide Jaulin a reconnu ce camion (site Berliet)

2 - Sacs de céréales

     Au début, il n’y avait pas de vrac. Toutes les céréales, blé, orge et seigle, ainsi que les farines étaient contenues dans des sacs de 60, 80 ou 100 kg. Le stock de sacs était important. Il y avait souvent des accrocs qu’il fallait réparer.


     Depuis très longtemps, une personne était occupée à plein temps pour les remettre en état. De 1941 à 1966, c’est Louis Grellé qui, pendant 25 ans, a réparé les sacs de l’entreprise avec une machine à coudre située à l’étage du premier magasin.

  Photo de machine à coudre les sacs de céréales, prise sur Internet. La machine à coudre utilisée par la Maison Grangé était une SINGER beaucoup plus grande.

Une personne lui a succédé quelque temps, mais le transport des céréales en vrac a progressivement fait disparaître cette activité.

3 - Les magasins

Pierre Louis a mis en place le premier  magasin 3 rue des Halles pour l’activité grains et engrais vers 1900. Le magasin s’étalait au rez-de-chaussée sur le tiers de la longueur du bâtiment. Il y avait autrefois une porte en bois à deux battants. Les sacs vides pour les céréales et farines ont été entreposés longtemps sur toute la longueur de l’étage.

  Vers 1919, le 2ème magasin Grangé grains et engrais a été aménagé un peu après l’acquisition de la Miltière. Il n’est visible d’aucune rue. Il est situé dans le jardin de la Miltière. Son accès se faisait de la rue de l’Abbaye, par la parcelle qui a été utilisée plus tard pour la construction du 3ème magasin. En 1947, Pierre Grangé a mis en place un nouveau magasin construit rue de l’Abbaye par l’entreprise Couturier de Fougeré.

  Le bâtiment initial de 1947 a été agrandi trois fois : 1958, 1962 et 1974.

  Dans ce nouveau magasin de 1947, la mécanisation a commencé avec la mise en place d’une fosse munie d’une vis sans fin et d’un matériel d’élévation permettant l’alimentation de cellules de stockage.

  Vers 1950, Pierre Grangé installa deux dépôts de grains et engrais l’un à Saint-Florent-des-Bois et l’autre à Thorigny, où un silo fut construit en 1975. Les dépositaires étaient des salariés, mais ils avaient des primes liées aux chiffres d’affaires.

  Dans les années 1960, les moissonneuses batteuses ont commencé à s’équiper de trémie. Les agriculteurs ont alors livré leur céréales en vrac avec une remorque tirée par un tracteur. La première livraison de blé en vrac a eu lieu en 1962.

  L’entreprise Grangé avait prévu ces nouveaux besoins, elle avait investi dans de nouveaux silos pour recevoir et stocker le blé en vrac. Les premiers caissons ont été mis en place en 1976, la livraison de blé en sacs a alors rapidement disparu. La collecte des céréales en sacs et en vrac a coexisté près d’une quinzaine d’années.


Au 3, rue des halles.

Le 2e magasin vu du jardin de la Miltière

Photo Denis Rousseau : Le magasin vu de la route en juillet 2013
 

Le 31 mars 1989, l’activité de la Maison Grangé grains et engrais a pris fin. L’entreprise et les bâtiments rue de l’Abbaye ont été vendus à la CAVAC, qui a déplacé son activité dans ce magasin jusqu’au 31 août 2009.

  Ensuite la CAVAC a été transférée dans un nouveau magasin, près de l’Étang, route de la Briolière.


Photos Nicolas Cornu : Deux photos montrent le magasin en cours de démolition en avril 2015.

4- Noms et dates de mise en place des directeurs de l’activité grains et engrais :

  Maurice Clerteau né en 1914, a travaillé à la Maison Grangé dès 1932. En 1936 il a été nommé agent commercial. Après la guerre, il a contribué à la direction des affaires. (Il a été maire de Bournezeau de 1959 à 1964.)

  Ensuite, en 1954, Jean Renaud a assisté Pierre Grangé à la direction de l’ensemble des activités de la Maison Grangé.

  En 1973, Eugène Poupin a assumé la direction de la partie grains et engrais jusqu’à la vente de l’entreprise en 1989. Eugène a travaillé à la Maison Grangé dès 1960 comme comptable. Il a terminé sa vie professionnelle à la CAVAC, du côté de Bressuire dans les Deux-Sèvres

Activités Minoterie et Fabrique d’aliments pour le bétail

Propriétaires successifs du moulin de Poële-feu

Vers 1300, construction du moulin de Poële-feu par les Chevaliers de St Jean de Jérusalem.

  À la Révolution, l’État prit possession des biens.

  En 1825, François Simon acheta le moulin.

  À partir de 1841, plusieurs copropriétaires se sont succédé : Loriot, Forgerit, Bobière, Auvinet et Bernard.

  Puis en 1878, Baptiste Gilbert en devint l’unique propriétaire.

  1926, Son fils Bernard Gilbert vendit Poële Feu à Pierre Grangé.

  En 1975, le bien fut vendu à deux anglais à travers la SARL du domaine du Haut Bois de Touques dans le Calvados.

  Le 16 novembre 2009, Poële-feu fut acheté par la commune de la Réorthe.

Les Grangé à Poële-feu


Photo collection Gabriel Belon : Poële feu en 1942,9 ans avant la construction de la minoterie
 

En 1951, Pierre Grangé construisit, à côté de l'ancien moulin de Poële-feu, une minoterie moderne.

  En 1951, il transforma l'ancienne minoterie en fabrique d'aliments pour le bétail et il obtint la concession des aliments SANDERS.

  La minoterie et la fabrique d’aliments ont employé jusqu’à 20 personnes. L’entreprise utilisait trois camions pour les livraisons d’aliments.

  En Décembre 1969, une nouvelle usine a été construite près de la gare de Bournezeau. La fabrique d’aliments de Poële-feu fut alors abandonnée.

  À Poêle-feu, l'activité de minoterie s’est arrêtée le 13 novembre 1970. Vers 1975, Pierre Grangé a vendu l’usine et les maisons du village de Poële-feu. Depuis cette date, tout y est resté à l’abandon.

  Dans le cadre de la fabrique d’aliments du bétail, une activité de veaux de boucherie a été mise en route dès 1962. L’entreprise fournissait les aliments à ses clients éleveurs de veaux de boucherie et à d’autres élevages.

  Au plus fort de son activité, l’usine d’aliments SANDERS de la gare a employé 30 personnes. L’entreprise a compté jusqu’à six camions pour la livraison d’aliments. La concession SANDERS rayonnait alors sur près des deux tiers du département de la Vendée, côté Ouest.

  Le 30 juin 1981, la famille Grangé a cédé l’usine de fabrication d’aliments à l’entreprise “NANTES-SANDERS-VERTOU”.

  Cette entreprise a maintenu l’activité de fabrication d’aliments sur Bournezeau jusqu’au 7 septembre 1982, avant de la transférer sur Vertou.

  En 1981, La famille Grangé a poursuivi par la création de la Société SEVO, (Société d’Elevage de Veaux de l’ouest) l’activité “Veaux de boucherie” avec le directeur/associé André Rondeau.

  Depuis 2007, la famille Grangé s’est retirée de la SEVO, reprise par les salariés.

  Michel Berthier, époux de Nicole Grangé,  Jean Renaud, André Rondeau et M. Fribourg-Blanc ont participé à la direction et à la commercialisation à l’usine de fabrication d’aliments de Pierre Grangé, près de la gare.

  
La minoterie de Poële-feu, construite en 1951 avait six niveaux.
   Sur cette photo de novembre 2009, on voyait :
à gauche, un vaste bâtiment de stockage
à droite, au premier plan, la maison et le bureau du contremaître M. Baillif
et à l’arrière-plan l’ancien moulin devenu la fabrique d’aliments pour le bétail.
 
Photo de juin 2015. La minoterie de Poële-feu,envahie par la végétation, vue du côté de la rivière.
La chaussée, non entretenue, a fini par être emportée par les eaux.
Le village entier avait été racheté par une association anglaise qui projetait d'en faire un centre de vacances. Le site étant inondable, ce projet a été abandonné et toute trace des anglais étant perdue, la commune a fini par détruire le site.

Photo du bâtiment de l’ancienne usine Sanders près de la gare en 2015

Il a procédé à de nombreux investissements pour satisfaire les nouveaux besoins de l’agriculture. Il entretenait de bons rapports avec les agriculteurs et savait tenir compte des situations parfois difficiles.

Pierre Grangé, homme sage, discret et respectueux, proche du personnel, était à l’écoute des ouvriers qui l’interrogeaient sur leurs problèmes dans le travail. Il connaissait le travail et s’il le fallait, il n’hésitait pas à prendre le manche ou rouler la brouette.

À travers son entreprise, Pierre Grangé a marqué fortement la population agricole de Bournezeau et des communes voisines.

Henri :Rousseau

Sources : - État-civil de la mairie de Bournezeau. - Mairie de la Réorthe –
Les photos sont du Comité de rédaction
- Recensement de population sur Internet et Archives départementales
- Avec les témoignages de : Élisabeth Grangé, Eugène Poupin, Louisette Lemoulec, Roger Lorieau, Michel Neau, Lucienne Neau, Lucien Crépeau, Paul Blanchard, Jean-Marie Grellé, Alcide Jaulin, Gabriel Belon, Hubert Dreillard, Marthe Giraudeau, Guy Valeau, Clovis Charrier, Victor  Rattier, Madeleine David née Mercereau, René Montassier, André Rondeau.