Lors de notre étude sur l’histoire du château de Bournezeau (cf.
Au fil du temps n°13), nous avions mentionné Jean R
Issu d’une famille modeste, Jean R
Le 28 novembre 1759, il épouse aux Essarts Anne S
Jusqu’en 1778, nous ne savons rien de plus sur lui.
Le 23 août 1778 est baptisé à Boulogne son fils François. L’acte de
baptême indique qu’il demeure à Dompierre-sur-Yon, au château de
Beaumanoir. Ce château, bien que sur le territoire de Dompierre, est très
proche du bourg de Boulogne. Un acte notarié passé à Dompierre en 1781
mentionne sa profession : fermier au château de Beaumanoir.
Nous le retrouvons à Bournezeau peu avant 1789 comme fermier des terres
de la seigneurie de Bournezeau appartenant à Henriette-Louis-Françoise d’A
Qu’est-ce qu’un fermier ? C’est un personnage important des
campagnes de l’Ancien Régime : Il occupe le haut de la hiérarchie de
la paysannerie. Beaucoup de nobles ayant quitté leur château, et c’est le
cas de la famille d’A
En effet, profitant de la Révolution et de la vente
des biens nationaux (biens de l’Eglise et des nobles émigrés vendus au
profit de la Nation), il achète opportunément une multitude de terres et
de bâtiments :
- 1791 : Des terres appartenant à l’évêché et la maison des
sacristains aux Moutiers-sur-le-Lay ; Métairie de la Cour et terres
aux Magnils-Reigniers ; Métairie de la Brenaudière à
Sainte-Gemme-la-Plaine.
- 1792 : Le prieuré de Saint-Michel et dépendances aux Essarts.
- An 2 (1793/1794) : Nombreuses terres à Chasnais et aux
Magnils-Reigniers
- An 3 (1794/1795) : Terres et borderie de Chantemerle à Luçon ;
Cabane de la Coulomberie à Puyravault ; Nombreuses terres aux
Magnils-Reigniers
- An 4 (1795/1796) : La cure de Bessay ; un pré aux
Clouzeaux ; Terres aux Essarts ; Couvent des Cerisiers avec
terres et la métairie de la Porte à Fougeré ; Cure et la métairie de
Thouaré à Saint-Martin-des-Noyers ; Cure des
Moutiers-sur-le-Lay ; La Baillerie à Nieul-le-Dolent.
- An 6 (1797/1798) : Métairie de la Peau de Daim à
Sainte-Pexine ; Métairies de Bois-Belle-Femme, La Goulardière et le
Bois à Thorigny.
Il adhère aux idéaux de la Révolution et devient maire des
Moutiers-sur-le-Lay entre 1792 et 1794. Pendant la Guerre de Vendée,
d’après le témoignage d’un prisonnier à la Rochelle, il échappe à un coup
de fusil tiré par un Vendéen nommé M
« Il nous est impossible de vous envoyer la quantité de bled
que vous nous demandez. Nous vous envoyons 2 boisseaux de bled seigle
provenant des greniers du sieur R
Le 28 mars 1794, Jean R
Aussi, le 10 avril 1794, ne perdant toujours pas de vue ses
affaires, il demande au district de la Roche-sur-Yon, siégeant alors à
Beaulieu-sous-la-Roche à cause des colonnes infernales, une indemnité de
non-jouissance de plusieurs droits de fiefs dépendant des terres en tant
que fermier « de la ci-devant seigneurie de Bois-Belle-Femme [à
Thorigny] et de Bournezeau ». Une estimation doit être faite. Nous
ignorons s’il obtient satisfaction. En revanche, nous savons qu’il
sollicite le gouvernement entre 1810 et 1812 afin de bénéficier du décret
impérial de 1808. Ce décret accorde « des primes aux propriétaires
qui reconstruiront des maisons ruinées pendant la guerre. » Pour 2
maisons à Bournezeau, 1 à Fougeré et 1 aux Moutiers-sur-le-Lay, une
prime de 1750 francs lui est accordée.
Le 28 septembre 1797, il renouvelle pour 9 ans son bail de fermier
de la terre de Bournezeau qui semble avoir été considérée comme un bien
national peu de temps. En effet, en 1792, le fondé de pouvoir de Mme d’A
Cet acte est très important pour l’histoire de Bournezeau. Dans la
description des terres et des biens faite par le notaire, nous retrouvons
les traces visibles du passage le 28 mars 1794 de la Colonne infernale
commandée par B
« La terre de Bournezeau (…) consistant aujourd’hui dans la borderie du château, les 2 métairies de la Grosselière dont les bâtiments d’une sont entièrement brûlés et de l’autre la maison principale ainsi que les planchers, la grande grange et (une) partie des autres bâtiments de la borderie du château ; la borderie de la Grolonière [disparue aujourd’hui et située entre les n° 12 et 14 de l’avenue du Moulin] ; une petite maison située audit Bournezeau ; l’emplacement des moulins qui ont été incendiés [situés route des Pineaux, près de la Poupardière]; terres et prés en dépendant ; la petite borderie de Puymaufrais ; l’ancien étang de Bournezeau ; la forêt dudit lieu et celle des Pineaux, desquelles forêts une portion ont été incendiées (…) ; pour l’emplacement de la halle dont (une) partie est brûlée (…) »
Deux ans avant la fin du bail, le 6 août 1804, Jean R
L’acte a été passé devant un notaire de Fontenay-le-Comte entre
Jean RA
Les années qui suivent et jusqu’à sa mort en octobre 1817, on le
retrouve dans de nombreux actes notariés plus ou moins intéressants pour
l’histoire de notre commune. Le 11 janvier 1806 il vend une maison où est
enclavé « le ci-devant grand four banal » qui dépendait du
château. Cette maison se trouvait à proximité de notre salle des halles
actuelle.
Le 15 août 1812, un particulier de Bournezeau, Louis F
Le moulin de la Cave actuel a été reconstruit bien plus tard à un
emplacement différent. L’ancien moulin a été détruit lors du passage de la
Colonne infernale, en même temps que les deux moulins du château, sur la
route des Pineaux.
Le 16 juillet 1815, il emprunte 7 800 francs au receveur des
droits d’enregistrement de Luçon, somme à rembourser avant le 15 juin
1816. Il hypothèque alors la terre, la métairie et la maison de la
Diornière (aujourd’hui la Petite-Guyornière des Pineaux) et une borderie.
Il déclare n’avoir aucune autre hypothèque en cours.
Le 27 novembre 1815, nous apprenons qu’il avait emprunté
plusieurs années auparavant et « à son grand besoin »
13 721 francs à Jean-Baptiste L
Pour ce faire, il délègue devant notaire le 15 mars 1816, un fondé
de pouvoir chargé de représenter ses intérêts à Paris. En effet il attend
du gouvernement la somme de 9 228,49 francs suite à la livraison de
bois qu’il a effectuée pour le port de Rochefort, bois provenant
probablement de ses forêts. Nous ignorons s’il a obtenu satisfaction mais
l’ensemble de ses créances apparaît soldé à sa mort, d’autant qu’à partir
de septembre 1816, Jean R
Un acte nous intéresse plus particulièrement. Il vend le 6 février 1817 à
François BAUDRY, charpentier à Bournezeau « ce qui reste de
l’emplacement du moulin à eau et ses ruages qui autrefois étaient au bas
de la chaussée du ci-devant étang de ce lieu de Bournezeau, ladite
chaussée maintenant grande route qui a englobé le terrain où était ledit
moulin et pour ainsi dire les ruages en totalité. »
Déjà cité dans le bail de 1797, cet acte confirme l’existence d’un étang
dans le bourg de Bournezeau. Il se situait au niveau du square du
souvenir. Nous en reparlerons dans un prochain article.
En 1817 sa santé décline puisqu’il lui arrive de ne pas pouvoir
signer et de laisser son fils aîné traiter ses affaires en son nom. Le 16
janvier 1817, il fait rédiger son très long testament dans lequel il
partage ses nombreux biens mobiliers et immobiliers en faveur de ses 7
enfants.
Il décède au château de Bournezeau le 24 octobre 1817 à l’âge de 79
ans. Son homme de confiance, Théodore GUIONNEAU et son gendre Mathurin
MORINEAU, signent l’acte de décès. Sa femme, Anne Seiller, était décédée
aux Moutiers-sur-le-Lay le 19 février 1801. Acte de décès de Jean RABAUD
Par son sens des affaires, Jean R