Le Sous-Lieutenant Paul de BÉJARRY

  Parmi les poilus dont le nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Vincent-Puymaufrais, voilà l’histoire de Paul de BÉJARRY. Il a participé à cette terrible bataille de Champagne que les français ont initié le 25 septembre 1915 dans l’espoir de percer le front allemand.

  Enfance et formation

  Le 28 décembre 1891, deux jumeaux, Jacques et Paul de BÉJARRY naissaient en Vendée, au château de !a Roche Louherie. Ils avaient eu pour bisaïeul un officier supérieur vendéen, négociateur du traité de la Jaunaie, plus tard député, puis sous-préfet de Beaupréau. Leur père était le comte de BÉJARRY, sénateur de la Vendée, et leur mère, la fille aînée du comte de SIBEUD de SAINT FERRÉOL et de madame Rhingarde de MONTBOISSIER BEAUFORT CANILLAC.

  Avant eux, trois fils et deux filles étaient nés, dans la maison et un autre fils devait suivre quelques années après. Les jumeaux firent de bonnes études au pensionnat Saint Stanislas de Nantes. Paul obtint même une mention de composition française dans le concours entre les élèves des établissements libres de l'ouest, organisé par l'Université catholique d'Angers, puis Jacques orienta son travail vers l'étude du droit, tandis qu'ayant du goût pour la carrière militaire, Paul entrait à l'Institution Saint Vincent de Paul, de Rennes, pour s'y préparer à l’école de Saint-Cyr.

  Admissible et sur le point d'être reçu à sa première présentation, il s'engagea le 3 octobre 1911, aux 3e dragons, en garnison à Nantes, avec l'intention de concourir de nouveau pour l'école militaire.

  Une maladie vint contrarier ce projet. À la suite d'une méningite cérébro-spinale qui lui causa pendant plusieurs semaines une grande difficulté de travail, Paul prit le parti de se diriger vers l'école de cavalerie et, au mois de juillet 1914, la première fois que les règlements lui permettaient de concourir, on avait la certitude de son admission dans un rang honorable.

  Il vit venir avec joie une guerre que les gens bien renseignés considéraient comme inévitable dans un temps plus ou moins rapproché. Un officier supérieur, de ses parents, le rencontrant en Belgique, dès les premiers jours du mois d'août 1914, le trouva radieux, il venait d'être nommé aspirant, c'était la carrière ouverte, et ouverte en campagne, ses vœux étaient comblés.

  Pendant les premières semaines de la guerre, il ne put écrire que rarement et très brièvement, mais toujours avec un bel entrain et tout l'enthousiasme d'un jeune français heureux de servir son pays.

 Nommé au mois de décembre sous-lieutenant au 25e dragons, à côté d'une grande satisfaction, il eut le regret de quitter ses chefs aimés, d'excellents camarades. Ce regret fut partagé par les hommes de son peloton qui voulurent le lui témoigner dans une lettre retrouvée dans son portefeuille, lettre signée des vingt-cinq cavaliers présents le jour de son départ et dont les termes font autant d'honneur aux sentiments des signataires qu'au caractère du jeune officier.

 À son nouveau régiment, il apporta sa conception très haute des devoirs du chef, quelque degré qu'il occupe dans la hiérarchie militaire. Quand les circonstances l'amenaient à connaître un acte qui heurtait cette conception, il avait des indignations véhémentes qu'il exprimait dans des lettres intimes, sans ne jamais d'ailleurs nommer personne.



Paul de Béjarry militaire

  Quand il fut désigné pour le groupe léger, ce n'était point son rêve, mais il ne fit aucune démarche pour éviter cette affectation, estimant que chercher à fuir les services ennuyeux, c'est pour un officier ne remplir qu'une partie très petite de son devoir.

  Quelques extraits de ses lettres donneront une idée du caractère et de la mentalité du jeune officier; avant tout il trouvait l'inaction pénible.

 Dans les lettres

 27 janvier 1915

Si je me plains de manquer de lettres, c'est que, alors que mes frères travaillent, je mène une vraie vie d'embusqué, notre division ne fait presque rien, quelques rares tours de tranchée.

17 février. Votre lettre est venue bien à propos me trouver dans ma tranchée où je suis isolé de mon escadron et encadrant des territoriaux inexpérimentés.
Je ne vois pas de mort plus enviable que la mort cornélienne du général Bridoux ou celle du zouave de Nieuport dont le général d'Urbal a ordonné de citer les hauts faits à trois appels : « Tirez donc, nom de D... ce sont les Boches » et qui est tombé victime de son dévouement sous les balles françaises.
; « Nous connaissons la Croix de guerre. Ce qui me répugne un peu, c'est le nombre de gens, plus ou moins blessés et dont Barrès se fait le porte-parole et qui disent qu'ils auraient dû être cités. J'ai prêché le désintéressement à ce sujet. »

5 Mars

La vie de tranchée a aussi son charme. Le tout est de savoir le trouver. Ce qui est un peu ennuyeux, c'est d'arriver comme je l'ai fait, à la côte X, dans un secteur où ceux qui vous ont précédé ont laissé tout à refaire. Mais, pour l'officier, quand il a une cabane à peu près convenable, des levés de plans à faire, des livres à lire, du tabac et du feu, il est assez bien. Il coupe ses méditations par une ronde ou une patrouille dite du “Poilu” vers les fils de fer boches. C'est une petite vie tranquille et sans grand péril, sauf si une marmite vous tombe sur la tête ou si une balle traverse le créneau derrière lequel vous êtes en observation. On va voir aussi nos travailleurs la nuit. Ils travaillent dans un silence impressionnant. Hier la lune les ennuyait parce qu'elle paraissait de temps à autre. De temps à autre aussi, une balle boche siffle. Les hommes se cachent. Quelques minutes, rien de nouveau, le travail reprend.

14 mars.

Chose inouïe ! J'ai appris de bonne source que les officiers du régiment d'infanterie que nous remplaçons couchaient au village pendant que les hommes couchaient dans les tranchées. Il y a des gens d'un singulier égoïsme.

11 avril.

Je ne trouve pas que la guerre soit si déconcertante. Vous avez dit, il y a plusieurs années, qu'une guerre allemande était inévitable. Elle est venue, pourquoi vous étonner ? Ce que vous ne vouliez pas admettre, c'est qu'elle puisse durer. Les huit mois de guerre russe que j'ai entendu exposer montrent un développement parallèle à celle de la guerre française. On a fait de la guerre de mouvement tant qu'on a espéré des résultats rapides et définitifs. Dès que l'un des adversaires a vu son offensive définitivement arrêtée, il s'est terré sur des positions que les moyens actuels de la défense rendent à peu près inexpugnables. C'est l'histoire des Bulgares à Tchataladja ou des Russes après Moukden.
Nous avons découvert, au bout de notre tranchée, des cadavres de pauvres fantassins simplement recouverts de terre, dans la tranchée même où ils avaient été tués; couverts aussi d'éclats d'obus. Le seul qu'on ait fouillé est un réserviste; Il avait encore la main crispée sur son fusil chargé et la culasse ouverte, ce qui semble démontrer que les obus les ont surpris pendant qu'ils tiraient. Dans sa poche était son livret et une lettre de sa femme, à son cou sa plaque d'identité. Il y a des chances qu'il n'ait point été identifié et soit simplement porté disparu. Nous allons placer dans notre accès une nouvelle petite tombe. Il y a tant déjà ! Celle-ci du moins ne portera pas “Inconnu” Certaines tombes, dans le grand bois, ont été bien joliment décorées par nos hommes. Quand la marquise de X... reviendra dans ses bois, elle aura fréquemment l'occasion de penser à ses fins dernières. Si j'étais à sa place, je demanderais à reposer dans le joli cimetière, en face son château, où une plaque de bronze porte : « Ici reposent les braves qui sont morts pour la patrie », Elle serait sûre au moins d’avoir ses restes en bonne société.

  La guerre en 1915

  Depuis cette époque la vie du jeune officier fut celles de beaucoup de ses camarades, tantôt dans les tranchées, tantôt en réserve, souvent dans un bombardement plus ou moins intense, sans aucune indisponibilité, sans aucune permission, se plaignant de temps en temps de ce qu’on n’ait pas eu besoin de son régiment.

  Dans sa correspondance, à côté de la note gaie, souvent plaisante, de souvenirs de la famille considérations sur la vie de chaque mot glisse l'expression d'une pensée sérieuse et d’un sentiment délicat, et, surtout lorsqu'il s’adresse à sa mère ou à l'une de ses sœurs, à propos d’un camarade mort pour la France, d’une parole prononcée par un chef sur le bord d’une tombe, d'une messe ou d'une cérémonie religieuse à laquelle il a pu assister, résonne une note profondément chrétienne.

   Le mois de juin lui apporte une grande douleur. A peine rassuré sur le sort d'un frère blessé à Hébuterne, il apprenait la mort de son frère jumeau emporté dans sa famille par une courte maladie. Celui-ci, trouvé par les conseils de révision trop mince et trop léger pour l'armée s’en désolait et se proclamait inutile, l’autre s’évertuait à le consoler et à lui prouver que quand cinq frères étaient sous les drapeaux, la présence du sixième dans son pays n'était certainement pas inutile. Cette mort causa à Paul un immense chagrin. Parmi les témoignages de sympathie qui lui furent prodigués, celui d'un capitaine qu'il avait connu lui arracha ce cri du cœur. « Ah! celui-là a bien compris ce que c’est qu’un jumeau ! »

Il avait pour ses hommes une véritable affection, bien convaincu que c'est là un devoir de chef. Il s’intéressait particulièrement aux déshérités qui ayant perdu leur famille, ne recevaient jamais ni lettre ni colis, et en éprouvaient de la peine. À plusieurs il put procurer des marraines parmi les femmes charitables de sa famille, heureux de procurer quelque agrément à des hommes qui menaient une vie si dure.

  Cette vie de tranchées qui durait depuis si longtemps commençait à lui peser. Avec ses camarades, il soupirait après une action de grande envergure qui, dans sa pensée, devait rompre définitivement les lignes allemandes. Aussi, quand il vit la bataille engagée, il eut un moment de déception.

  Il écrit le 28 septembre :

« La bataille continue et nous n'en sommes pas. »

Le 5 octobre :

« Rien de nouveau, tout va bien. »

Ce court billet devait être le dernier.


Aussitôt après la fin de la guerre, sa sœur Isabelle est allée rechercher le corps du défunt. Il repose dans le cimetière de Puymaufrais avec son jumeau Jacques, Isabelle, Marguerite et deux autres de ses frères dans les tombes centrales du carré de la famille Béjarry..
(Témoignage de Mme de BÉJARRY)

L’annonce de sa mort

  Le 7, son capitaine remplissant la douloureuse mission d'annoncer au comte de BÉJARRY, la fin glorieuse de son fils, écrivait :

 

« La part que je prends, Monsieur, à votre souffrance, est très réelle et très grande, car votre fils n'était pas seulement pour moi l'officier le plus zélé, le plus consciencieux, le meilleur, estimé et adoré de tout l'escadron, mais encore un véritable ami dont j'appréciais hautement les qualités de cœur, l'intelligence et les principes les plus droits.
  Nous avons pu faire confectionner une bière et tantôt nous déposerons pieusement en terre, dans un petit cimetière de soldats, la dépouille de notre pauvre camarade. Sa place sera marquée par une croix et je vous préviendrai de l'endroit exactement ».

  Quelques jours plus tard, le colonel du 25e dragons, adressait au comte de BÉJARRY, la lettre qui suit :

« Monsieur,   Je n'ai pas voulu troubler les premiers instants de votre lourd chagrin. Vous avez appris par son capitaine la mort glorieuse du sous-lieutenant de BÉJARRY. On vous a dit comment il a été foudroyé sur le champ de bataille auprès de Tahure. Permettez-moi de vous apporter à mon tour la sincère expression de mes plus vives condoléances et celles de mes officiers. Votre fils était le benjamin du régiment. Quand on parle de lui il n'y a qu'une voix pour l'apprécier : « Quel charmant camarade ». Mais il était plus et mieux encore. C'était un cœur d'or, tout vibrant dans son enveloppe timide des sentiments les plus élevés de foi et de patriotisme. Il est tombé comme il avait vécu : simplement, à son poste, en faisant son devoir, tout son devoir. J'ai cité le sous-lieutenant de BÉJARRY à l'Ordre du Régiment.
  II n'y a pas de mots pour consoler un père de la perte d'un tel fils. Mais sachez du moins, Monsieur, si ce peut être un adoucissement à votre grand chagrin, qu'il est partagé sincèrement par les camarades et les chefs de votre fils.
  Le nom du sous-lieutenant de BÉJARRY est inscrit au tableau d'honneur du régiment, il est gravé aussi dans nos cœurs.»

 D'un ordre lu à la troupe, nous extrayons ce qui concerne le jeune officier.

 

« Le régiment a été durement éprouvé dans la journée du 6 octobre. Deux officiers de l'escadron à pied, MM. les sous-lieutenants de BÉJARRY et L. sont tombés au champ d'honneur avec huit cavaliers de cet escadron, sur le terrain même conquis par l'ennemi, au camp d'Eberfeld, au nord de la Maison du Trou-Bricot.
  Ces deux officiers avaient l'affection de tous, chefs, camarades et subordonnés et nous pleurons leur perte. Vaillants soldats, ils sont morts de la mort des braves et nous devons glorifier et garder pieusement leur souvenir.
 M. le sous-lieutenant de BÉJARRY, âme de héros sous un extérieur plein de timidité et de modestie m'avait dit, il y a peu de temps encore à propos d'un combat meurtrier dont il s'entretenait avec moi et des pertes sanglantes que nos troupes y avaient faites : « Mon colonel, c'est pour la France ». C'est comme cela qu'il vient à son tour de donner sa vie pour la Patrie... »



Le trou Bricot

  Un ami du jeune sous-lieutenant a donné à la comtesse de BÉJARRY, les détails suivants sur la mort de son camarade :

« J'étais très lié avec Paul, nos deux escadrons faisant partie de la même brigade et souvent nous nous promenions ensemble à pied ou à cheval. La veille du jour qui devait être fatal à notre groupe nous avions visité ensemble une batterie de pièces nouvelles à deux kilomètres de notre cantonnement. Au cours de cette promenade, il me parlait de vous tous, de la France, de notre métier avec une ardeur et un enthousiasme que j’admirais. Nous pressentions l’attaque à laquelle nous allions prendre part et disions en chrétien combien il fallait être prêts. La veille il avait fait ses dévotions avec la ferveur que vous lui connaissiez.
  Le 6 octobre, je l'avais à peine aperçu étant officier de liaison auprès du commandement. Nous nous étions rapidement serrés la main, heureux comme tous, de pouvoir contribuer à la grande victoire. L'exquis capitaine D., vous aura dit dans quelle position critique nous nous trouvions. Le groupe occupait un boyau enlevé aux Allemands que, pour cette raison, ils connaissaient à merveille. Alors commença un feu d'enfer; Les obus de gros calibre étaient posés comme à la main au milieu de nous.
 Ma mission me faisait parcourir la ligne d'un bout à l'autre, sous cette pluie de fer, et, l'esprit tendu par les ordres que j'avais à transmettre, je pouvais difficilement constater et surtout identifier les pertes que nous avions. Cependant, vers huit heures et demie, au cours d'une seconde mission, je fus obligé d'enjamber le corps d'un officier dont la figure avait été pieusement recouverte par un manteau. Je soulève le manteau pour reconnaître mon camarade. C'était notre cher petit Paul. Je crois que votre fils n'avait pas eu le temps de souffrir, Un obus lui avait enlevé l'épaule, tout le côté gauche et la région du cœur. Sa figure était calme, presque souriante dans la mort. Ce fut pour moi une des plus rudes émotions de cette journée. Je lui serrai rapidement la main, murmurai une courte prière, puis donnai l'ordre à deux cavaliers de transporter le corps à l'abri dans une cagna détruite, en attendant que les brancardiers, leur mission finie auprès de nos nombreux blessés, puissent le mettre en sûreté à l'arrière. Les hommes qui l'aimaient tant et dont plusieurs pleuraient, voulaient tous ensemble lui rendre ce dernier témoignage d'affection et je les admirai, car nous étions sous un véritable ouragan de fer et de feu.
  Le soir, fortement diminués et tristes de nos pertes, nous avons été un peu ramenés à l'arrière. Le lendemain eurent lieu les obsèques. Nous étions tous présents. L'allocution émue de notre capitaine et les larmes que nous ne pouvions retenir vous auraient donné une idée du vide immense qu'il fait au milieu de nous ».

 Lorsqu'il apprit la triste nouvelle, un capitaine passé dans un autre service, écrivit au père de l'officier :

« Monsieur, Bien que n'ayant pas l'honneur de vous connaître, je ne puis résister au devoir de vous présenter l'assurance de ma douloureuse sympathie pour vous et votre famille. J'avais vécu près de cinq mois au groupe léger avec votre fils et la nouvelle de sa mort a été un moment bien pénible pour moi. Bien qu'ayant près de 20 années de plus que lui, nous nous entendions très bien et nous étions de très bons amis. Aussi j'ai été bien heureux des tristes et gais moments passés avec lui dans les tranchées. Franc, loyal, de sentiments très élevés et courageux jusqu’à l’insouciance, il ne laisse que des regrets et son souvenir ne s'éteindra pas parmi ses supérieurs, ses camarades et les cavaliers du groupe léger.
  Personnellement, je m'associe de grand cœur à votre peine et ne trouve qu'une consolation pour tous ceux qui avaient pour lui de l’affection et de l'amitié; c'est qu'il est mort pour la France en soldat et en héros.»

  Plus tard, l'aumônier de l'ambulance divisionnaire qui l'avait intimement connu eut la bonne pensée d'envoyer à la famille une photo-de la tombe du sous-lieutenant, dans le petit cimetière de soldats, avec une lettre élogieuse. Depuis, plusieurs soldats vendéens ont visité cette même tombe, en attendant que des jours meilleurs permettent de ramener dans une sépulture de famille les restes de cette jeune victime tombée au champ d'honneur.

  Un jour il avait écrit que, comme la Croix- de la légion d'honneur et la Médaille militaire, la Croix de guerre ne vaut que par la façon dont elle a été méritée. Très modeste, s'en fut-il trouvé digne ? Ses chefs ont pensé qu'il l’était ainsi qu’en témoigne le récit d'une cérémonie touchante publié par un ancien officier supérieur de la Marine dans le Publicateur de la Vendée.


Les lieux de la bataille de Champagne
Le camp d'Elberfeld est un nom de baptême donné par les français, les allemands l'appelaient le "RUHE LAGER". Il a été pris le 25 septembre 1915 et étant donné qu'il faisait face au nord, les français ne l'ont pas occupé, seule une grosse tranchée le coupe en travers.
Ce camp ne se trouvait qu'à 2 km de la ligne de front (secteur de Perthes-les-Hurlus) et entre les deux, un autre camp, plus petit, appelé le "Mittel lager" ou, pour nous, le fameux Trou-Bricot. Le camp "d'Elberfeld" était un camp d'attente et de positionnement des troupes en alertes avec ses postes de secours et son cimetière.
(http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/qui-cherche-quoi/camp-sujet_6828_1.htm)

        Menus propos d'un cocardier : Une émouvante cérémonie

  Lors de la dernière prise d'armes sur la place Napoléon à La Roche-sur-Yon, le 24 décembre 1915, il a été donné aux Anciens Combattants de la guerre de 1870 d'assister à une cérémonie très touchante… Le colonel DURAND, commandant de la brigade et ses subdivisions de La Roche et de Fontenay, donna lecture des deux citations suivantes du sous-lieutenant Paul de B<ÉJARRY/pc>, mort au champ d’honneur.

  9e division de cavalerie. - 16e brigade. - 25e régiment de dragons. Citation à l'Ordre du régiment :

  « de BÉJARRY Paul Louis Marie, sous-lieutenant brave autant que modeste, s'est distingué en toutes circonstances, en donnant l'exemple du sentiment le plus élevé du devoir militaire, notamment au combat du 6 octobre 1915 ; Est tombé mortellement frappé à son poste de combat». Ordre n° 99 bis du 12 octobre 1915.

  Citation à l'Ordre de l'armée :

   « De BÉJARRY Paul Louis Marie, sous-lieutenant. Officier d'un grand mérite, a donné en toutes circonstances aux hommes de son peloton l'exemple du courage, de l'énergie et du calme au feu; est tombé mortellement frappé le 6 octobre à la tête de sa troupe ». Ordre général n° 64 de la 2° armée, le 2 novembre 1915.

  Lorsque Paul de BÉJARRY était à l'hôpital de Nantes, immobilisé par une terrible maladie, il avait dit un jour que celui qui veut être soldat doit toujours être prêt à mourir. Il semble s'être constamment inspiré de cette pensée pendant sa trop courte carrière. Nous emprunterons pour terminer cette notice, encore une phrase de l'ordre de régiment cité plus haut.

«De tels hommes sont l'honneur de notre pays, de tels soldats sont la gloire d'un régiment »

Extrait de l’ouvrage “Le Mémorial de la guerre 14/18 tome 2”reçu de Michel de BÉJARRY