L’église de Saint-Vincent-Puymaufrais


  La présentation faite par Maurice BEDON dans son livre “Le canton de Chantonnay” en donne une description assez précise :

« L’église de Puymaufrais a la forme d’une croix latine, sans bas-côtés, terminée par un chevet semi-circulaire [à pans coupés]. Le clocher domine le portail dans la partie inférieure de la nef. C’est une tour carrée, armée de contreforts et épaulée par une tourelle d’escalier à droite et un baptistère à gauche.[…] Une flèche entourée de quatre fléchillons la surmonte. »

 Son emplacement au bord du plateau, dominant la vallée du Lay, place cette construction comme un repère visible de loin. Son histoire est intimement liée à celle des paroissiens : Le premier emplacement a sans doute été choisi à proximité d’un donjon sur ce “puy”, et elle a subi les invasions, les guerres de religion, les guerres de Vendée et les caprices de la météo. Sa reconstruction doit beaucoup à quelques curés, à des familles comme les BÉJARRY, les CITOYS de la Ricotière et enfin à la commune depuis le XXe siècle.

    
Cliché pris de la Landrière vers 1949

  La première église : Ecclesia beatæ Mariæ de Podio Manfredi

  
  Podio = le puy, la colline et Manfredi = MANFRED, un seigneur.

« On trouve mention de l’existence d’un édifice religieux à Puymaufrais aux environs de 1305 dans l’ancien recueil dit “DU GRAND GAUTHIER”. »

  Même chose dans le Gallia Christiana qui est un guide historique des diocèses et des monastères français élaboré après 1600, en latin.

  

« La nomination du curé de Puymaufrais dépendait à l’origine de l’abbé de St Michel en l’Herm. »

Il y avait à cette époque une autre paroisse, avec une église, à Saint-Vincent. Celle-ci dépendait de l’abbaye de Mauléon. En 1317, Jean XXII, le second pape en Avignon, nomma évêque l’abbé de Sainte-Marie de Luçon. Saint-Michel-en-l’Herm lui devait hommage, et aussi des revenus. La création de cet évêché en même temps que celui de Maillezais partageait en trois l’ancien territoire de l’évêque de Poitiers. La cure de Puymaufrais était reliée à Luçon.
  En 1337 a commencé la guerre de cent ans. Les évêques ont accueilli les anglais au début, mais une grande insécurité régnait. L’abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm fut saccagée en 1348. C’est aussi l’époque de la grande peste (1348-1352) puis la peste noire vers 1362. Ce fut la fin de la prospérité qui régnait en Poitou. Vers 1418, à Luçon les champs n’étaient plus cultivés et les broussailles les envahissaient. En 1422, avant la fin de la guerre, le diocèse choisit de se rattacher au royaume de France. La vie religieuse a beaucoup souffert de ces désordres.
 

  Les guerres de religion : Saint-Pierre de Vouzon

 

« Pendant les guerres de religion, le chef protestant SOUBISE s’empara de Puymaufrais en 1565 et y interdit la célébration du culte catholique. Les fidèles prirent l’habitude de se rendre dans la chapelle du prieuré de Saint-Pierre-de-Vouzon, distante de quatre kilomètres pour assister aux offices religieux. » Elle était rattachée à La Réorthe. « Le curé s’installa à cet endroit et put y bénéficier d’un petit domaine entourant son habitation. »

(D’après Maurice Bedon)


Reconstruction de l’église à Puymaufrais

 
  Vers 1650, le curé s’efforça de relever sommairement les ruines de son église détruite par les huguenots. En effet, il avait dû quitter son domaine de Saint Pierre qui avait été saisi.
   « Il refusa de payer les droits de dîme qu’il devait au chapitre de Luçon. Les chanoines firent saisir son temporel. […] Les habitants décidèrent de se cotiser pour lui offrir une petite propriété.[…]La paroisse ne comptait que 300 communiants. »
 

  Révolution et nouvelle reconstruction

 
  En 1794 l’église fut incendiée par les troupes républicaines. Le 12 avril 1798, la cure, devenue bien national, fut achetée par Philippe Barré de la Ricotière qui la remit au clergé.

  

« Celui qui a fait l’acquisition de l’église offre de la remettre sans aucune indemnité et comme cet édifice a été brûlé, il fera tous ses efforts conjointement avec les habitants pour la réédifier pour peu que le gouvernement veuille venir à leur secours. Cette église pouvait contenir 800 personnes. Le culte se fait maintenant dans la maison du citoyen RICOTIÈRE.

   BARRÉ-RICOTIÈRE, maire. »<

En 1801, le culte fut rétabli, dans un grenier de 20 m sur 5 m, au-dessus d’une écurie, à la Ricotière, jusqu’en 1816.
  À cette époque, l’église de St Vincent-Fort-du-Lay était en ruine. En 1809, le maire, de CITOYS, écrit au préfet :

«… la dépense pour la reconstruction de l’église de Puymaufrais qui a été détruite jusque dans ses fondements s’élévera à 8 000 francs mais que cette dépense peut être réduite à 6 400 francs par l’assurance qu’il y a qu’une partie de la charpente sera fournie par les propriétaires de la commune et que plusieurs charrois seront fait gratis par les cultivateurs (…) Que l’église de Puymaufrais est concernée comme succursale dans la nouvelle circonscription, la commune de Saint-Vincent-Fort-du-Lay lui étant réunie, ce qui nécessite une petite augmentation dans le local de cette église …»

  En 1810, CITOYS évalue à 7 000 F la somme indispensable à la reconstruction de l’église. Il chiffre aussi les dépenses indispensables au culte :

  

« Vitrage de 6 croisées, blanc en bourre, bois, chaux et façon, autel, façon, plâtre, un tableau et un crucifix, un tabernacle, fonts baptismaux, bénitier, confessionnal, façon et fournitures, une chaire, un clocher avec une cloche, carrelage, escalier du clocher et de la tribune.(…) pour achever l’église de Puymaufrais qui avait été détruite jusque dans ses fondements. »

  De 1812 à 1816, l’église fut reconstruite, notamment avec l’argent du traitement concordataire du curé DESPLOBEIN. L’autel fut récupéré dans les décombres de l’église incendiée.

« Ce monument est peu remarquable : L’autel est à la romaine, la chaire et les stalles sont bien convenables. À l’autel, un tableau représente l’Assomption de la Sainte Vierge…Le clocher est surmonté d’une flèche de 10 m d’élévation au-dessus de l’église. »

(M.BEDON)

 

L’église sur le cadastre napoléonien de 1825.

  Le 15 décembre 1833, les membres du Conseil de fabrique constatèrent le mauvais état des piliers et la fragilité des murs de l’église.
  Le 1er février 1835 : fin des travaux à la cure.

  
Travaux de restauration : coupe et plan au sol signé par J.F. Lévêque en 1843.

  Les bancs actuels de l’église datent de 1844 :

  

« En 1842, déjà, M. le Curé avait demandé quelques bancs de plus dans l’église : Il n’y avait pas assez de places. L’on avait alors décidé d’en faire quatre nouveaux. Mais en cours de travail, l’on dut s’apercevoir qu’il valait mieux faire une transformation plus radicale et ce fut tout le mobilier qui fut fabriqué à neuf et placé deux ans plus tard en 1844. »

   (Bulletin paroissial de mars 1942)

  Le 15 décembre 1844, le conseil de fabrique établit un règlement : Le premier dimanche de janvier, les fidèles devaient se rendre à la cure pour s’acquitter d’avance du prix de location des places fixé à 3 F l’année pour une place de banc, 2 F pour une chaise avec un petit banc pour se mettre à genoux et 1F50 la chaise seule. C’était le principal revenu du conseil de fabrique qui cherchait à louer le plus de bancs possible.

Le chemin de croix:

Il a été installé en 1829 à la demande du curé François BIRET.

Monseigneur,
 
  J’ai l’honneur de vous demander la permission de faire ériger dans mon église la dévotion du chemin de la croix, persuadé des fruits de salut qu’en retireront les fidèles de ma paroisse.
  Je suis avec un profond respect,
  Monseigneur,
  de votre grandeur
  le très humble et très
  obéissant serviteur
  Biret
  Puymaufrais le 4 octobre 1829
  _________________
  René François par la grâce de Dieu et l’autorité
  Du Saint Siège apostolique, Évêque de Luçon,
 
  Sur la demande qui nous est faite par Monsieur François Biret, desservant de Puymaufrais, en notre diocèse, d’ériger dans son église la dévotion du chemin de la croix, ayant égard aux pieux motifs qu’il nous expose, nous avons autorisé et autorisons par les présentes Monsieur Benjamin Gouraud, notre vicaire général à établir la dévotion du chemin de la croix  dans la dite église de Puymaufrais, et nous appliquons à cette dévotion toutes les indulgences accordées par le souverain pontife en vertu des mérites que nous avons obtenus à cette fin.
  Donné à Luçon, sous notre seing, notre sceau, et le contreseing du secrétaire de notre évêché, le 6 octobre 1829.
  + René Fr. Évêque de Luçon
  Lêvé D. secrétaire

Construction de l’église actuelle

 
  Le 21 août 1859, M. FAUCHEUR, architecte de Nantes et différents hommes des métiers du bâtiment constatèrent que « le clocher était pourri, la charpente avariée en partie, les murs crevassés et menacés de ruine. »

Département de la Vendée
  Commune de Saint Vincent Puymaufrais
  Projet de construction de l’église
  Mémoire explicatif
  ________________
  Le Conseil de Fabrique d’accord avec le Conseil Municipal désirant faire construire l’église de Saint Vincent dont l’état actuel ne permet pas une restauration et ne pouvant disposer immédiatement de la totalité des fonds nécessaires pour l’accomplissement entier de cette œuvre a pensé qu’il serait possible néanmoins de la réaliser un procédant par partie :
  Le projet ci-joint a donc été dressé afin de rendre facile la réalisation de cette pensée.
  La première catégorie se composant du chœur, du transept et des sacristies pourrait être construit dans le prolongement de l’église ancienne à partir des chapelles de cette dernière ; ce qui permettrait alors de conserver un abri pour les fidèles pendant le cours de a construction de cette première partie et en second lieu de donner aux mêmes fidèles, après l’achèvement de cette même partie la place suffisante pour les contenir à l’aise, puisque la partie neuve ajoutée à ce qui restera de l’ancienne complètera l’espace nécessaire eu égard à la population.
  La construction d la tour dont le besoin se ferait plus sentir suivrait celle du chevet et aurait l’avantage de préparer un point d’appui in variable aux poussées des nervures de la nef.
  La construction de la nef qui formerait la 3ème catégorie serait la moins importante et s’élèverait d’autant plus promptement que les fondations de l’ancienne nef pourraient probablement servir à recevoir es nouvelles maçonneries.
  La surface réservée aux fidèles dans l’église projetée est de 265,00 m carrés et permet de donner place à 660 personnes à l’aise avec des chaises, c'est-à-dire 2/3 de la population dont le chiffre s’élève à environ 1 000 âmes.
  Le style roman adopté pour cette église a semblé celui qui indépendamment de la simplicité offrait l’avantage de l’économie.
  Le présent mémoire dressé par l’architecte soussigné ;
  Nantes le 6 avril 1860
  Faucheur
La demande faite par l'architecte à la préfecture

La fabrique se composait du bureau des marguilliers (4 membres) qui choisissaient un remplaçant pour renouveler ce bureau en cas de démission, du maire de la commune et du curé de la paroisse. Ils élisaient un président, un trésorier et un secrétaire. Amédée de BÉJARRY (2e du nom) fut président pendant 50 ans, de 1833 à 1883. Avec le maire Philippe de CITOYS, ils ont conduit la construction de l’église dans une bonne entente avec le curé Clovis FRAIN. Les paroissiens ont participé en offrant des journées de travail. Ils ont surtout été utilisés pour le transport des pierres et de la chaux et les matériaux étaient toujours arrivés en avance pour les ouvriers. Les pierres du clocher venaient de Sainte-Gemme
Les dépendances de la cure avant la construction de la salle de l’Entam
  Le 25 décembre 1863, MM.de CITOYS et de BÉJARRY apportèrent une aide financière. En contrepartie, la paroisse cédait 24 places gratuites dans l’église pendant 30 ans.
  Le 23 mars 1873, Amédée deÉJARRY résumait le début des travaux ainsi au conseil de fabrique :

« Lorsque la reconstruction complète de l’église de Puymaufrais fut décidée en principe, M. Henri FAUCHEUR, architecte de son vivant, demeurant à Nantes fut appelé par le conseil. Un plan fut dressé à la date du 6 avril 1860, accompagné d’un mémoire explicatif.
Le devis descriptif sensé partir en date d’avril 1860 et se montant à la somme totale de 43 260,17 F fut approuvé par M. le préfet de la Vendée à la date du 13 septembre 1860. Ce devis fut accepté par les inspecteurs des travaux diocésains ; il était divisé en trois catégories.
La première contenant le chœur et le transept se montait à la somme de 21 758,30 F
Pendant le cours de l’exécution, on décida qu’il y serait ajouté la première travée de la nef.
Le décompte de ces travaux réglé par l’architecte et accepté le 27 juin 1864 se montait à la somme de 28 237,76 F, qui fut payée par la fabrique. Plus tard, la commune s’étant imposée d’une somme de 4 000 F et le gouvernement ayant accordé celle de 3 000 F, les travaux furent repris.
La nef formant la 3e catégorie du devis primitif fut construite sauf les voûtes, et, dans cette série de travail, la 2e catégorie, celle du clocher fut entamée par la construction du mur fermant la base de la nef et devant servir à l’assiette du clocher lui-même.
L’année suivante, des ressources inattendues permirent d’exécuter les voûtes. »

  Le 10 juillet 1864, la construction du chœur, du transept, de la sacristie et de la première travée de la nef était achevée. La nef fut fermée provisoirement en attendant la construction du clocher. La bénédiction eut lieu le 12 février 1865 en présence du curé FRAIN, du vicaire GROLLEAU, du doyen de l’Hermenaut CLÉNET, et du curé de Bournezeau FABRI

  

« L’ancien autel en marbre fut transporté au château de la Ricotière. Un vase en plomb que l’on trouva dans la pierre d’autel fut déposé au musée de la Roche sur Yon et le tableau de l’Assomption fut placé sur un mur du transept nord. »

(D’après M.BEDON)

  Comme la cathédrale de Luçon à la même époque, l’église a pris le nom de Notre Dame de L’Assomption.
  En 1875, des propriétés de la paroisse furent vendues aux enchères (La Sotaire, le pré de la Fabrique, le pré de l’Assemblée), après décision du conseil de fabrique en 1873, pour régler des dettes importantes. Pour cette vente, il fallait l’accord de l’évêque et du ministre des cultes. Les dettes furent réglées en 1876.


Demande de subvention à l’État en 1878, adressée au ministre des cultes par le conseil Général

En 1879 et 1880, le conseil de fabrique fit construire le clocher. Le règlement des factures  courut jusqu’en 1889. Et des travaux furent entrepris régulièrement : zinguerie en 1883, escalier de la sacristie en 1888, couverture en 1890, peinture en 1891 et des réparations la même année à cause d’un ouragan.
  En 1885, l’autel de Saint Vincent, fabriqué par M.MORTEAU sculpteur à Luçon, fut offert par la famille BÉJARRY, ainsi que la croix, les chandeliers et la statue de Saint Vincent.
  En 1904, le curé exécuta avec son neveu M.CHARDONNEAU, peintre à Nantes, les fresques de grappes de raisin dans le transept à droite. Il voulait exciter la générosité des paroissiens pour la réparation et l’embellissement de l’église. Il y avait déjà des peintures à l’autel de la Sainte Vierge.
  En 1917, Mme de BUOR, de la Ricotière offrit une statue de Notre Dame de Lourdes. Une petite statue de la vierge, bénie en 1865, trônait précédemment sur l’autel.
Le 23 juillet 1905, le Conseil de Fabrique décida de vendre le champ de la fabrique et le champ de la Nou Clou pour payer les dégâts de l’ouragan.


Une statue du Sacré-Cœur a été installée en 1946.

La séparation de l’Église et de l’État

  Après la fermeture de 3 000 établissements scolaires catholiques suite au décret du 27 juin 1902, le retrait des crucifix dans les prétoires en 1904 et la loi qui interdisait aux congrégations d’enseigner en France mise en vigueur le 3 janvier 1905, l’Assemblée Nationale ratifiait le 3 juillet 1905 la loi de séparation de l’Église et de l’État.

  1906 : La loi de séparation de l’Église et de l’État prévoyait l’attribution des biens ecclésiastiques à des associations culturelles. Pour cela, les biens mobiliers de l’Église durent être inventoriés. Les fidèles s’opposaient à l’inventaire des biens, parfois avec violence. Le 2 février, le curé refusait de signer la notification du jour de l’inventaire présentée par le brigadier de gendarmerie de Bournezeau.

  Le 21 février, à 10 heures du matin, le percepteur (CHEVALLIER), le greffier du juge de paix de Chantonnay (MARAIS) et le président de la fabrique (ROGER) procédèrent à l’inventaire. Raphaël de BUOR fit valoir ses droits en temps qu’héritier des CITOYS pour des tentures noires, un drap mortuaire, 4 flambeaux dorés et le terrain de l’Église. La porte de la sacristie dut être enfoncée. La caisse à trois clefs n’a pas été remise. Elle contenait l’argent de la Fabrique.

  Le 6 mars 1906, après un accident mortel survenu dans les Flandres, au cours d’un inventaire, le gouvernement fut contraint de se démettre. CLÉMENCEAU, ministre de l’intérieur dans le nouveau gouvernement, invita les préfets à suspendre les inventaires quand ceux-ci devaient se faire par la force. Cette attitude conciliante du pouvoir, alliée à la volonté d’apaisement du clergé, ramena le calme.

   Le 2 janvier 1907 : Les crucifix étaient interdits dans les classes.
  Le 15 avril 1907 : Le Vatican condamnait la séparation de l’Église et de l’État en France.
  1908 : Les Églises catholiques nationales furent soumises à Rome. En France, la suppression du Concordat a levé les derniers obstacles à l’exercice de l’autorité du Pape. C’est un effet inattendu de la séparation de l’Église et de l’État : L’Église française n’avait plus de compte à rendre au pouvoir politique.
  Dans la mentalité de l’époque, pour le curé, pour la famille BÉJARRY et on peut le supposer, pour les catholiques, l’application de la loi de séparation de l’Église et de l’État fut une affaire douloureuse :
  - On trouve une note de recettes et dépenses du curé datant de 1922 portant la mention “biens volés par la loi de séparation”.
  - Dans les discours du 25/02/1930, à l’occasion des 25 ans d’enseignement de Joséphine CHIRON à l’école paroissiale de Puymaufrais on peut lire à propos des lois d’interdiction des congrégations enseignantes : « Il y a 25 ans cette école venait de connaître les rigueurs de la persécution » et « Puis vinrent les sombres jours de la persécution »
  - Dans une lettre de 1938, on lit la mention : « biens légalement usurpés ».
  - Une lettre de 1941 de l’ancien curé de Puymaufrais, montre qu’il espérait que le gouvernement de PÉTAIN rendrait les biens à l’Église.
 

  Réparations faites par la commune après la fusion avec Bournezeau

  1968 : La couverture en ardoises du clocher a été refaite.


Le toit après la tempête (photo Auguste Bély)

  1972 : La tempête du 13 février a découvert le transept nrord. Pendant un an la messe se déroulait dans l’école privée. Des bâches avaient été achetées par une association pour protéger l’église en attendant les réparations. Après l’association avec la commune de Bournezeau, un financement a été trouvé pour reconstruire le mur du transept sud qui menaçait de s’écrouler, le pignon du transept nord et refaire la toiture. Deux liens en travers de la nef ont été installés (Ils ont été enlevés en 1997).

  1973 : Au mois de mai, pour le mariage de Luc LAURENT, la nef et le chœur étaient utilisés, mais les transepts étaient fermés par des planches. En septembre l’église était rouverte entièrement. Les réparations se sont terminées avant la fin de l’été.

  1977 : Électrification des cloches

  1989 : La consolidation du chœur devenait urgente : La voûte s’affaissait à cause du mur et des lézardes au mur devenaient dangereuses. En 1990 l’extérieur fut crépi. Un chaînage fut installé au-dessus du chœur et la voûte fut refaite.

  Hiver 1992-1993 : L’église a de nouveau été fermée au culte le temps d’une consolidation. Le chœur a été crépi. Une partie de la voûte du chœur a été refaite. Une nouvelle installation électrique a été mise en place dont les projecteurs qui éclairent les voûtes. Les abat-sons du clocher furent changés. La messe se déroulait dans la salle paroissiale construite en 1981 au moment de la vente du presbytère, et qui est devenue plus tard l’Entam’.

 
Les statues ont été repeintes par des bénévoles et les bancs vernis et réparés.
  

« Initialement, seul le chœur devait être restauré, il en allait de la sécurité des personnes, la voûte menaçant de s’effondrer ».

La paroisse s’est associée à la commune pour la peinture intérieure. Coût total des travaux : 224 732 F. Les travaux, presque entièrement faits par des entreprises de la commune, ont duré deux mois,
 
  1993 : Restauration du tableau représentant l’Assomption (inscrit au titre des monuments historiques). Le devis était de 22 200 F. L’artiste qui l’a réparé pensait qu’il pouvait dater du XIXe siècle à cause des deux femmes représentées à côté des apôtres et qui recueillent des roses dans le cercueil vide. C’est peut-être le tableau cité par le maire dans sa lettre de 1810.


Sur ce tableau, les apôtres regardent le linceul d’où le corps de Marie a été enlevé.

  1997 : Consolidation et crépi extérieur. Des renforts en béton armé appelés “pinces” ont été placés par-dessus les voûtes pour maintenir la structure. Ils ont permis d’enlever les deux barres de fer qui liaient les murs, traversant la nef. Les contreforts ont été liés aux murs par des aiguilles en inox remplies de résine armée de fibre de verre sous pression. Les ardoises et les gouttières avaient dues être déposées sur le tour de la nef et du transept pour couler le béton.
  Nouveau portail en chêne. Modification de la charpente en bois pour éviter une poussée sur les murs de la nef. La dépense se montait à près d’un million de francs dont les deux tiers furent subventionnés


Des poutres en ciment, appelées “pinces”, ont été placées au-dessus de la voûte. Les dimensions et le poids en ont été calculés soigneusement.

  Un ouvrage en bois un peu glissant en hiver
   a remplacé l’escalier en ciment qui conduisait à la sacristie. Étroit, peu pratique, il tranchait sur le style du monument.

  Pendant ce temps, la messe était de nouveau célébrée chaque dimanche dans la salle paroissiale qui est devenue maintenant la salle de l’Entam’.

2003 : La foudre a causé des dégâts : Paratonnerre, commandes électriques des cloches, chauffage, installation électrique, sonorisation.

2010 : Restauration des vitraux du chœur et du transept.
 
  L’église “Notre Dame de l’Assomption” de Saint-Vincent-Puymaufrais accueille les paroissiens pour tous les sacrements de la vie chrétienne, et pour la messe le quatrième dimanche de chaque mois. Elle a souvent eu besoin de réparations. Les investissements de 1997 lui assurent plus de solidité. Désormais, elle craint moins les intempéries que les incivilités, en particulier dans les vitraux.

   Daniel CHARNEAU et Jean-Paul BILLAUD

Sources : Maurice BEDON : Le Canton de Chantonnay.
Louis BROCHET : Le Canton de Chantonnay à travers l’histoire.
Les comptes rendus du conseil de fabrique. Archives paroissiales
Archives départementales (17V1 ; 18V1). Bulletins municipaux. Archives municipales
Témoignages d’Abel LAURENT, Claude LAURENT, Auguste BÉLY