Le lieu-dit Pont Guérin se situe sur la commune de
Saint-Vincent-Puymaufrais, (associée à la commune de Bournezeau en 1972),
sur le bord de la rivière le Petit-Lay, entre le Pont du Servant et
Chenillac.
L’origine de son nom n’est pas connue, mais peut-être qu’une
personne habitant ce lieu s’appelait GUÉRIN. Pourquoi le Pont ? Il
devait y avoir un pont ou une chaussée sur la rivière “le Petit-Lay”. Dans
ce cas, pour désigner le lieu, le Pont et GUÉRIN auraient été associés.
Cela reste une hypothèse.
La route de la Brunière à Puymaufrais, qui passe par Foliet et la
Croisée-de-la-Justice, a été réalisée vers 1870 (actuelle route D52).
En 1946, comme aujourd’hui, la ferme de Pont-Guérin avait une
superficie de 67 ha environ. Elle a beaucoup évolué dans le temps. En
effet, la ferme faisait 72 ha en 1936 - 85 ha en 1927 - 102 ha en 1912.
Dans les années 1850, le domaine de Pont-Guérin voisinait 150 ha, car il
englobait tout le fief du Fromenteau jusqu’à la route qui va au Plessis,
près du Borgnier ainsi que la ferme du lieu-dit “Le Pâtis” qui a été créé
en 1857. Dans une période plus reculée, Pont-Guérin était peut-être encore
plus important.
Le fief du Fromenteau était autrefois une terre à blé. La présence
de trois moulins à vent sur le site autrefois en témoigne. Vers la fin du
18ème ou au début du 19ème siècle, ces terres à blé ont cédé la place à la
vigne. Vers 1850, le fief contenait environ 260 parcelles de vignes,
aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule. En patois on appelait ce fief :
“L’fromentäo”.
D’autre part, le plan laisse apparaître un moulin à eau à côté du
Pré-du-Gué. C’est le témoignage d’un ancien qui affirme son existence à
cet endroit. Il ne reste aucune ruine de ce moulin. Peut-être a-t-il
disparu lors de la crue exceptionnelle du 25 novembre 1770, qui avait
emporté tous les moulins à eau du Lay sur Saint-Vincent-Fort-du-Lay et
Puymaufrais. Lors de la crue de 1770, le niveau de l’eau avait monté 1
mètre plus haut que la très grande crue du 4 novembre1960.
Sur le plan de 1825, ci-dessous, on découvre un ensemble de cinq corps de bâtiments, différents de ceux d’aujourd’hui :
1 - En arrivant dans la cour, le bâtiment de gauche était la
buanderie prolongée par le four. La petite parcelle (n°42) à côté
s’appelait “l’Ouche-du-four”.
2 - Le grand bâtiment de droite correspondait à la grange et ses
deux écuries. Il a été démoli en 1998.
3 - Près du bâtiment 2, on découvre un bâtiment qui n’existe plus.
On n’en connait pas l’usage et on ne retrouve pas la date à laquelle il a
été détruit. Aucun témoignage n’en a fait écho.
4 - La maison d’habitation, avec ses petites ouvertures aux formes
arrondies, existait en 1825. On remarque sur la photo, ci-contre, que la
partie à gauche du poteau électrique, avait un style différent, elle
n’était pas construite en 1825.
5 - Aujourd’hui ce bâtiment n’existe plus, les anciens ne l’ont pas
connu, mais ils se souviennent avoir vu quelques ruines à cet endroit dans
les années 1930. Ce bâtiment était situé dans la parcelle n° 37,
appelée : “Champ-de-la-Chapelle”.
6 - On observe que le bâtiment, à droite en rentrant dans la cour
de la ferme, (photo ci-dessous),
n’était pas construit en 1825, mais on constate que la parcelle attenante
s’appelle le cimetière.
7 - Le hangar actuel, appelé "La Chapelle", a été
construit après 1868.
En raison de la charte établie le 20 janvier 1348, Pont-Guérin est
cité dans les ouvrages de trois historiens locaux : L’Abbé Aillery
(né en 1806 à Fontenay), Louis Brochet (né en 1847 à Puymaufrais) et
Maurice Bedon de Chantonnay (né en 1946). Voici ce que révèle cette
charte au nom de Gautier de Brienne, connétable de France, seigneur
de Sainte-Hermine et de Bournezeau :
Cette Charte accordait, aux habitants des châtellenies de
Bournezeau, des Pineaux, de Puymaufrais, « la permission de prendre avec
chiens et de toutes autres manières, toutes sortes de bêtes quelconques,
notamment dans l’enclave de Villiers, Pont Guérin, Saint-Ouen-des-Gâts,
Puymaufrais, Saint-Vincent-Fort-du-Lay. […] Auparavant, nobles,
religieux ou autres ne pouvaient, sans la permission du seigneur, prendre
bêtes ni oiseaux et quelques gibiers que ce soient, ni avec chiens sans
talbot de bois pendu au coup, sous peine d’amende de 60 sous à chaque fois
qu’ils étaient trouvés sans talbot. »
En 1681, Henri de Creil avait érigé Bournezeau en Marquisat.
Saint-Vincent-Fort-du-Lay en dépendait.
Avant la Révolution, Pont-Guérin faisait partie de la paroisse de
Saint-Vincent-Fort-du-Lay. Puis, lors du concordat du 15 juillet 1801,
(Accord entre le Pape Pie VII et Bonaparte), Saint-Vincent-Fort-du-Lay a
été rattaché à la paroisse de Puymaufrais.
Suite à une ordonnance royale du 12 juin 1833, la commune de
Saint-Vincent-Fort-du-Lay et la commune de Puymaufrais se sont réunies.
Cette association a donné naissance à une nouvelle commune appelée :
Saint-Vincent-Puymaufrais.
Pont-Guérin semble avoir eu un peu d’importance au 14ème siècle et
en observant ce lieu, des indices nous interpellent :
1- Les anciens exploitants affirmaient depuis longtemps qu’il y
avait une chapelle. Elle devait se situer dans le bâtiment 5, aujourd’hui
détruit, localisé sur la parcelle n° 37 appelée “Champ de la Chapelle”.
Puis, le bâtiment n° 7, probablement construit après 1868, était appelé
par les anciens “La Chapelle”. C’était peut-être la réplique de l’ancienne
chapelle du bâtiment 5. Les ouvertures aux formes arrondies laissent à
penser, en effet, qu’il pourrait s’agir d’une chapelle. Mais il est
certain qu’il n’y a pas eu de moines après 1868.
2- La parcelle n° 41 du cadastre située devant la maison
d’habitation s’appelait “Le Cimetière”.
Selon les anciens, un petit fascicule, que personne n’a pu
retrouver, indiquait que les pierres du cimetière et de la chapelle n° 5
auraient servi à la construction du bâtiment n° 7.
3- Les bâtiments d’habitation ont un style particulier.
Tous ces indices : La chapelle, le cimetière, le style des
bâtiments, les témoignages d’anciens, tout porte à croire qu’il y avait un
petit monastère à Pont Guérin.
Ce monastère dépendait-il de l’Abbaye de Trizay créée au 12ème
siècle et située à 8 km de Pont Guérin ? C’est possible, mais à ce
jour, aucun écrit n’a été retrouvé pour nous le confirmer.
1- Date inconnue, J. DEVAISSE, de Fontenay-le-Comte, premier
propriétaire connu à ce jour.
2- Vers les années 1860, Octave de ROCHEBRUNE, né en 1824 à
Fontenay le Comte.
3- En 1903, son fils Raoul de ROCHEBRUNE né en 1849 à
Saint-Cyr-en-Talmondais.
4- Vers 1915 /1920, Noémie André, (elle serait la fille
naturelle de Raoul de ROCHEBRUNE). En 1921, elle a épousé Henri Debray,
notaire à Luçon. Ils n’ont pas eu d’enfants. Elle est décédée en 1981 et
son époux Henri Debray vers 1975.
5- En 1981, Geneviève DEBRAY, nièce d‘Henri DEBRAY, a hérité de la
ferme. Elle était l’épouse de Joseph ROBIN.
6- En 1996, Denis et Louisette ROUSSEAU ont acheté les terres
de la ferme. L’ensemble des bâtiments, et quelques hectares autour ont été
achetés par les associés du GAEC “Pont du Lay”.
Depuis les années 1920 jusqu’en 1947, le personnel du propriétaire
Henri DEBRAY venait de Luçon à Pont Guérin, (25 km) en voiture à cheval,
pour récupérer la part du métayage (céréales, volailles etc.).
7 – Les noms des familles qui ont habité Pont Guérin depuis deux siècles :
La famille PARAGE de 1813 à 1874
1813, le recensement de population de 1820, signale la présence de 12 personnes à Pont Guérin, dont Louis PARAGE patron, né le 28 janvier 1780 à Ste Péxine. Il est signalé qu’il y avait en tout 3 hommes, 3 femmes et 6 enfants dont 2 garçons René et Louis et 4 filles, tous nés à Pont-Guérin.
Louis était à Pont Guérin quand il s’est marié en 1813 avec Marianne DELAVAUD, née en 1787.
Sur les huit recensements qui suivent, jusqu’en 1872, le nombre de personnes présentes dans la famille Parage a varié de 9 à 14.
Les domestiques au nombre de 2 à 4 étaient souvent très jeunes : entre 12 et 25 ans.
Louis a été chef d’exploitation jusqu’à sa mort en 1857. Il avait 77 ans. Son fils ainé, René, 43 ans lui a succédé.
René s’est marié avec Marie BEAUFOUR. Ils ont eu trois enfants.
Le frère de René, Louis, travaillait aussi à la ferme. Il était marié avec Madeleine CHUPIN, décédée avant 1872. Ils ont eu quatre enfants : Louise, Angèle, Louis et Marie.
La famille PARAGE s’en alla en 1874, à la Toussaint. Elle a vécu 61 ans à Pont Guérin, peut-être un peu plus car Louis pouvait y être quelques années avant son mariage en 1813.
Un événement peu commun à Pont-Guérin :
Le 7 juillet 1874, double mariage à
Saint-Vincent-Puymaufrais. En effet, le père et la fille se mariaient le
même jour : Louis Parage 53 ans, veuf de Madeleine CHUPIN, s’est
remarié avec Renée DELAVAUD, 45 ans, veuve de Louis BRETON. Puis, sa
fille, Angèle Parage, 20 ans, a épousé Louis BRETON, 25 ans, le fils de
sa belle-mère, Renée DELAVAUD.
La famille BORY de 1874 à 1914
1874, Augustin BORY, 46 ans, né le 24 août 1828 à Ste Hermine, avait pris la ferme de Pont-Guérin. Il y avait 14 personnes dans la maison : Augustin, sa femme Marie RAGOT, leurs 6 enfants, deux garçons et quatre filles, tous nés à Thiré : Il y avait aussi le beau-père du patron Jacques RAGOT 77 ans, On comptait 5 domestiques de 12 à 20 ans.
Augustin BORY a été patron jusqu’à sa mort en 1899, il avait 71 ans. Son fils ainé, Émile, 41 ans, a pris la suite. Émile BORY s’est marié avec Alexandrine LOIZELET. Ils ont eu deux filles, Émilienne et Alice. Cette dernière s’est mariée avec Julien BELAU qui travaillait sur la ferme après son mariage en 1909.
La famille BORY a toujours eu 4 à 5 domestiques, dont une servante. Comme toujours à l’époque, ils étaient jeunes : de 12 à 25 ans.
La famille MANDIN de 1914 à 1921
Vers 1914, François MANDIN s’est installé avec Angélina MANDIN. À la naissance de leur fille Angélina le 28 novembre 1919 à Pont-Guérin, François avait 40 ans, sa femme 28 ans.
La famille COUTAUD de 1921 à 1927
1921, arrivée de la famille COUTAUD. Ils étaient 12 personnes : la mère COUTAUD ses trois fils, Eugène, Alfred, Victor et leurs épouses, trois enfants et deux domestiques de 18 et 33 ans. Alfred né en 1888 et son épouse Eugénie CHIRON ont eu deux enfants nés à Pont Guérin : Germaine en 1924 et René en 1926.
La famille BORDAGE de 1927 à 1933
1927, la famille Auguste BORDAGE a pris le relais. En 1931, on comptait seulement 4 personnes dont 2 hommes : Auguste 63 ans, son épouse Louise et leurs 2 enfants : Auguste 30 ans et Eugénie 27 ans.
La famille BOUDAUD de 1933 à 1947
1933, à la Toussaint : Arrivée de la famille Jean BOUDAUD, 49 ans, et son épouse Armanda Barraud 40 ans. En 1936, ils étaient 11 personnes, plus 1 domestique. Le couple BOUDAUD avait 8 enfants de 2 à 24 ans, dont 5 garçons et 3 filles : Joseph né en 1912, Léon 1914, Marie née en 1920, mariée avec Eugène DUGAS (deux enfants Josette 1937 et Marcel 1938), Germaine 1921, Agnès 1923, Jean-Louis 1926, Bernard 1931, René 1934.
La famille HERBRETEAU de 1947 à 1948
En 1947, au printemps, deux marchands de bestiaux, MM. BRACHET et CHARBONNEAU, de Beaurepaire, ont pris la suite pour 18 mois. L’exploitation fut mise en herbage. Un ménage originaire de la Chaize-le-Vicomte, François HERBRETEAU, ouvrier, assumait avec sa femme, le travail de la ferme. Ils avaient 3 enfants en bas âge, une fille est née à Pont Guérin en 1948.
La famille ROUSSEAU de 1948 à 2005
Au 1er novembre 1948, la famille ROUSSEAU de St-Denis-la-Chevasse, est arrivée à Pont Guérin. Le chef d’exploitation Henri ROUSSEAU, 39 ans, né en 1909, était marié avec Madeleine Fièvre née en 1908. Ils ont eu 9 enfants. Henri ROUSSEAU a pris sa retraite en 1970. Auparavant, il avait créé en 1966, le GAEC “Pont-du- Lay”, avec deux de ses enfants : Henri et Denis.
1969, Trois enfants : Henri, René et Denis ont pris la suite. Création d’une stabulation.
La maison d’habitation de Pont-Guérin en 1995
1981, René s’est retiré du GAEC de Pont-Guérin pour s’associer avec son fils Alain à Saint-Ouen, commune des Pineaux Saint-Ouen.
Henri fils a pris sa retraite fin 1995 et s’est retiré dans le bourg de Bournezeau le 25 mai 1996.
La famille FABRE s’est installée dans la maison en juin 1996
En 1996, après le retrait d’Henri, Denis s’est associé en GAEC, avec Yves LIAIGRE, son voisin du village “Les Gâts” et Francis FABRE. Ce dernier venait du département de l’Aveyron, avec sa femme Christiane et ses trois fils Emmanuel, Florian et Grégory.
En 1997, le GAEC “Pont du Lay” a créé le bâtiment à lapins. Yves LIAIGRE a quitté le GAEC, le 1er novembre 1999. Il a repris ce bâtiment, qu’il a transmis à son successeur Claude BRODU, lors de sa retraite, en 2008.
Denis, le dernier des ROUSSEAU, qui habitait “Les Bernes” a cessé son activité d’exploitant à Pont-Guérin le 31 mars 2005. Il a été remplacé par Emmanuel FABRE. Denis s’est retiré dans le bourg de Bournezeau le 16 décembre 2006
Le 1er avril 2005, Francis FABRE et son fils Emmanuel se sont associés dans le GAEC.
Le fermier de Foliet, Raymond PILLAUD, déjà associé avec René-Marie VALLET dans le GAEC de la Poitevinière, a pris sa retraite le 1er janvier 2006. Les deux GAEC ont alors fusionné, sous le nom du GAEC “Pont-du-Lay”. Les exploitations ainsi regroupées, totalisaient environ 230 ha. Le GAEC était composé de 5 associés : Francis, Emmanuel et Florian FABRE, René-Marie VALLET et son épouse.
En 2008, mise en place d’une nouvelle stabulation.
En 2016, Francis a pris sa retraite.
Noms des familles | Arrivée en | Départ en | Nombre d’années de présence de chaque famille à Pont-Guérin |
PARAGE | 1813 | 1874 | 61 ans- minimum car elle pouvait y être un peu avant 1813 |
BORY | 1874 | Vers 1914 | 40 ans environ |
MANDIN | Vers 1914 | 1921 | 7 ans environ. |
COUTAUD | 1921 | 1927 | 6 ans |
BORDAGE | 1927 | 1933 | 6 ans |
BOUDAUD | 1933 | 1947 | 14 ans |
HERBRETEAU | 1947 | 1948 | 1, 5 |
ROUSSEAU | 1948 | 2006 | 58 ans |
FABRE | 1996 | - | 22 ans en 2018 |
Voilà rapidement décrite l’histoire de Pont-Guérin et des différentes familles qui s’y sont succédé.