Une famille de dix-huit enfants

  Après la guerre14-18, l’État et l’Église ont encouragé les familles nombreuses afin de compenser les pertes liées à la guerre. Nous avons ici un très bon exemple.

  La famille Blanchet

 
  Le couple s’est marié à Bournezeau le 19 juin 1901 : Louis Blanchet, 24 ans, né le 23 décembre 1876 aux Moutiers-sur-le-Lay et Louise Gibert, à peine 19 ans, née le 16 octobre 1882 à la Coussaie de Bournezeau. Dix-huit enfants sont nés de cette union : huit garçons et dix filles nés entre 1902 et 1927. Il n’y a eu ni jumeaux, ni triplés. Aucun n’est mort en bas âge.


Louis Blanchet, Louise Gibert

  Tous les enfants de cette grande famille se sont mariés, hormis Marcel, né en 1905, décédé en 1927 à Sainte-Hermine d’une tuberculose, à l’âge de 22 ans.
  Les sept premiers sont nés à Bournezeau au lieu-dit “Saint-André”. Les dix suivants sont nés à “la Bégrie”. Ce lieu-dit était de la commune des Pineaux mais faisait partie de la paroisse de Bournezeau.
  La famille Blanchet a quitté “la Bégrie” à la Toussaint 1926 pour Sainte-Hermine au lieu-dit “Chaume”, où Louise, la 18ème et dernière, est née le 13 mars 1927.
  Au recensement de 1931, trois enfants mariés étaient restés à la maison et avaient des enfants. Cette année-là, on comptait, avec un domestique, vingt-cinq personnes sous le même toit à Chaume : Ce qui devait faire de belles tablées. L’organisation dans la vie de tous les jours devait demander une répartition des tâches.
  La maman, Louise GIBERT, est décédée à Saint-Juire-Champgillon en 1948 à l’âge de 66 ans. Le papa est décédé dans sa 76ème année, en février 1952, à Sainte-Hermine.


La famille Blanchet en 1922, lors du mariage avec Albert Paquereau de Marie-Louise, appelée Madeleine, née en 1903, (en mariée). On voit 15 enfants : Les trois derniers n’étaient pas nés.

Baptême du 13ème enfant

 
  Autrefois, la tradition voulait que le président de la République soit le parrain au baptême du 13ème enfant. On constate sur l’acte de baptême, que France, le 13ème enfant de la famille Blanchet, a eu un parrain et une marraine hors du commun. Il s’agit du Comte Aymar D'Arlot de Saint Saud résidant dans les Deux-Sèvres. Son épouse Marguerite Rochechouart, la Comtesse D'Arlot de Saint Saud, était la marraine.
  Le Comte D'Arlot était propriétaire de la ferme de la Bégrie. On ne sait pas s’il avait sollicité le président
de la République pour le représenter au baptême ou si le président avait pris l’initiative de le mandater ?
  Le 13ème enfant était une fille. Pour la circonstance, ils l’ont appelée “France”. Les parrains et marraines des autres enfants étaient des frères et sœurs ou cousins et cousines mais une exception a été faite pour le 13ème.
  Sur l’acte de naissance de l’état civil, les prénoms sont : France Jeanne Marguerite. Sur l’acte de Baptême ce sont : France Jeanne d’Arc Marguerite. Le baptême a
été célébré par Edmond Bavieau, vicaire à Bournezeau et il fut le seul à signer l’acte. Le parrain et la marraine n’ont pas signé, ils étaient sans doute absents.
  Selon Anne-Marie (la 16ème de la famille), sœur de France et seule survivante des 18 enfants de la famille Blanchet, le parrain et la marraine se sont préoccupés de leur filleule France, puisqu’ils l’ont embauchée un an ou deux, avant la guerre 39/45, dans une de leurs propriétés dans la commune de Château-Challais, en Dordogne, au nord de Bordeaux, à 240 km de Bournezeau.

Baptême du 16ème enfant par l’évêque

 
  L’Église encourageait aussi les grandes familles, puisque l’évêque venait baptiser l’enfant dans les paroisses, le plus souvent à partir du 13ème enfant.
  Le lundi 23 juillet 1923, Lazare Garnier, évêque de Luçon, est venu à Bournezeau baptiser Anne-Marie Blanchet. Elle était la 16ème de la famille.
  Selon le rapport fait dans la revue de la Semaine Catholique du diocèse, les 15 frères et sœurs étaient présents au baptême. De nombreux paroissiens participaient à la cérémonie. Emmanuel chauffeteau curé de Bournezeau, et Jean Fort. curé des Pineaux étaient aussi présents. L’évêque a apposé sa signature sur l’acte de baptême.
  En venant baptiser cet enfant à Bournezeau, l’évêque félicitait la famille et soulignait l’intérêt qu’il portait aux familles nombreuses.
 

HenriRousseau

   PS : Fermiers successifs à la Bégrie :
- Famille Imbert vers 1820 - Famille Goutron vers1850 - Famille douillard/Gautron vers 1878
- Famille Blanchet au printemps 1911 - Famille Lorieu 1er novembre 1926
Propriétaires de la Bégrie, 53 ha : En 1820, les documents cadastraux des années 1820 font état de Victor Ramier. Ce serait un grand oncle du comte D'Arlot de Saint Saud qui est devenu propriétaire vers 1900. Ensuite, la ferme a été vendue à la famille Lorieu en 1954.
La famille D'Arlot de Saint Saud habitait le château de Clisson commune de Boismé dans les Deux Sèvres, situé à 10 km au sud de Bressuire et à 70 km de Bournezeau.
   Sources : Archives paroissiales de Bournezeau, État civil mairie de Bournezeau et des Pineaux St-Ouen.
Avec la participation de : André Lorieu, Hubert Charrier, Claude Blanchet et Michel Doguin.
Photos collection Michel Doguin.