Robert Besson général de la gendarmerie, né à la Borelière en
1933, a décrit son village qu’il a connu quand il était enfant. En 2012,
il a donné son texte à son camarade Francis Herbreteau né la même année à
la Mathurine, (lieu-dit proche de la Borelière). Ce dernier a complété la
description du village, puis l’a donnée à la Commission histoire vers
2015.
Un résumé du parcours de Robert Besson gendarme, établi par Francis
Herbreteau
Robert BESSON est né à la Borelière le 19 avril 1933. C’est le fils
d’Hippolyte BESSON né à Puymaufrais le 27 juin 1906 et de Raymonde Parage
née le 8 septembre 1909 au Pont-du-Servant de Bournezeau. Les parents de
Robert se sont mariés à Saint-Vincent-Puymaufrais le 21 octobre 1930.
Robert va à l’école primaire publique de Bournezeau. C’est un élève
brillant. Il fait ses études secondaires en Allemagne où son père est
gendarme.
Ensuite il rentre à l’école de SAINT-CYR. Il en ressort lieutenant.
Sur sa demande il est affecté à la Gendarmerie de Drancy. Après, il va à
Paris à la direction nationale de la Gendarmerie où, avec deux autres
officiers, il met en place l’informatique.
Puis, pendant deux ans il commande la Gendarmerie de la
Haute- Vienne à Limoges. Ensuite il retourne à Paris commander les
services techniques au Fort de Roissy. Enfin, deux ans et demi avant sa
retraite, il est nommé Général à Lille. Après sa vie professionnelle, il
se retire à Brétignolles, où il est décédé le 18 août 2014.
L'origine exacte du nom du village est incertaine. Des documents
administratifs écrivent la “Borelière”, mais d'autres suppriment la
syllabe du milieu pour ne conserver que “Borlière” (exemple : les
cartes routières).
Le nom “Borelière” pourrait venir de “Borée”. Ce mot désigne un
vent du Nord. En effet, la Borelière serait un village exposé au vent
dominant du Nord ce qui justifierait l'orientation principale des maisons
du milieu du village, tournant toutes le dos au Nord.
La Borelière est située sur la D 948 à 2,700 km en allant de
Bournezeau vers Sainte-Hermine.
Ce village s'étend sur 200 mètres de part et d'autre de la route.
Il est situé en haut d'une côte très accentuée. Toutefois le centre
s'allonge vers l'Est.
Avant 1950, le village n'avait ni électricité ni eau courante.
Certains ont bénéficié ou creusé un puits profond d'au moins 10 à 15
mètres. D'autres doivent, avec des cruches ou des seaux, aller chercher
l'eau potable à une des 2 fontaines situées aux extrémités du village à
environ 300 m.
Évidemment, sans eau courante, pas de toilettes. C'était au fond du
jardin que des WC très rustiques étaient construits avec de vieilles
planches. Si le jardin était trop éloigné, c'était un défilé de seaux tous
les matins à travers les rues du village.
Le petit ruisseau qui coule à l'entrée du pays en bas de la côte
s'appelle “Le Maupas”. Il se jette dans la Doulaye à la fosse des
trois paroisses : St Ouen, Les Pineaux, Bournezeau. Il passe à côté
des sources des deux fontaines et aussi des deux lavoirs. Mais surtout, il
irrigue les jardins situés de part et d'autre de son cours. Chaque famille
cultivait une ou deux parcelles de ces jardins.
Dans les années 1930 à 1940, la Borelière comptait une centaine
d'habitants C'était le plus grand village de Bournezeau. Il y avait là des
petits commerces, des fermiers et des artisans installés sur place ou
travaillant dans le bourg comme maçons ou menuisiers charpentiers.
Des personnes âgées, retraitées mais s'occupant toutes, localement,
de jardins, de vignes, de petit élevage (lapins ou volailles),
fournissaient aussi une aide journalière dans les fermes à la saison des
gros travaux.
À cette époque, le village comptait cinq fermes :
La cinquième ferme, cultivée par Pierre A
Ces fermiers faisaient toujours appel aux journaliers (ères) pour
certains travaux comme les vendanges, les plantations de betteraves et de
choux, les moissons, car les gerbes de blé se liaient à la main. Certains
fermiers récoltaient 40 à 60 barriques de vin. Elles étaient vendues
durant l'hiver à des marchands spécialisés en vin, chauffage au charbon,
etc...
Plusieurs artisans étaient installés au village de la Borelière. Le
plus important était le forgeron qui était aussi maréchal ferrant :
Raymond AUGER. Aucun effort physique ne lui faisait peur. Il était l'homme
le plus fort du village. En tapant sur son enclume dès le lever du jour,
il réveillait tous les habitants du village et cela bien avant le chant du
coq.
Le charron, Eugène R
Le tonnelier, Eugène C
Un fabricant de chaises, Louis C
Le ramoneur, Jules B
Le vieux facteur, Social G
Le dimanche, il avait une autre activité : Il ramassait dans
les buissons les vipères. Il les remettait ensuite à Monsieur J
C'était donc à distance que l'on parlait au facteur craignant de
voir une vipère sortir de son sac ou de sa sacoche.
Un charpentier habitant du village travaillait à Bournezeau. Il
s'appelait G
Un autre commerce qu'il ne faut pas manquer de signaler à la
Borelière : Il existait un café, “Chez Hippolyte B
Des forains, M. et Mme Célestin B
Une vieille fille, Mademoiselle D
Les retraités, ils étaient cinq ou six. Tous avaient fait la
guerre 1914-1918. Ils en parlaient très peu. L'un d'eux avait une
personnalité plus marquée et des séquelles apparentes de ses blessures. Il
avait une jambe de bois et sa main gauche était estropiée. Il ne lui
restait que deux doigts. Des tics et des expressions revenaient
constamment dans son langage, si bien que tout le monde l'appelait “vi vié
bé la patte” mais cela sans aucune méchanceté.
Les femmes du village étaient toutes très occupées, non seulement
par les travaux ménagers et la surveillance des enfants, mais aussi par
l'aide apportée aux fermes en travaillant dans les champs. Toutes
jardinaient, élevaient lapins et volailles. Elles tricotaient surtout
l'hiver. Certaines femmes d'artisan, afin d'améliorer le quotidien,
allaient comme journalières dans les fermes au moment des gros travaux :
vendanges, moissons, battages, plantations de betteraves et de choux.
Trois femmes de la Borelière étaient couturières. Elles avaient une
clientèle fournie venant de tous les villages environnants. Elles
gagnaient assez bien leur vie.
Parmi les habitants de la Borelière, il ne faut pas oublier une
femme très spéciale connue de tous : Madame
La rencontrer en pleine nuit faisait peur même aux hommes.
Tous les enfants du village étaient scolarisés à Bournezeau, à peu
près à égalité entre les écoles privée et publique.
La vie au village de la Borelière était réglée au rythme des
saisons. Les habitants allaient régulièrement au bourg pour les problèmes
administratifs : poste, mairie, perception etc. ou pour leurs
affaires personnelles : médecin, foire, marché, magasins en tout genre.
Beaucoup fréquentaient l’église le dimanche et lors des mariages de leur
famille. C'était aussi une obligation d'assister à tous les enterrements.
Ils faisaient le trajet de 2 km 700 soit à pied soit à bicyclette
pour ceux qui en avaient une et aussi qui savaient s'en servir.
Les fermiers attelaient le cheval sur le char à bancs pour
transporter toute la famille.
À cette époque, les gens vivaient selon leurs moyens, quelquefois
très rudimentaires.
Ils organisaient leur vie avec ce qu'ils possédaient, n'en
demandaient pas plus.
Les années s’écoulaient. Ils étaient heureux.