Voici 60 ans que l’association de la Maison Familiale Rurale de Bournezeau est née à la Gare. Beaucoup ont remarqué un agrandissement et embellissement récent sur la route de la Roche. Qu’est-ce que cette association ? Que fait-on dans ses locaux ? Comment vieillit-elle ? Autant de questions que se posent encore de nombreux habitants de Bournezeau. Avant d’aborder l’histoire de la Maison Familiale Rurale ainsi que ce qui s’y fait, il apparaît nécessaire de raconter comment et pourquoi sont nées les “MFR”.
Les Maisons Familiales Rurales sont l’aboutissement d’une
expérience originale conduite dans un village du Lot-et-Garonne en 1935,
suite à la loi de 1929 sur l’apprentissage agricole qui a favorisé la
création de nouveaux établissements privés. L’abbé G
Issu du mouvement démocrate-chrétien des “Sillons ruraux”, il est
amené à construire un projet original de formation avec le président du
syndicat agricole local, Jean P
La formation professionnelle est donnée une semaine par mois dans
la Maison Familiale Rurale. L’apprenti passe le reste du temps dans une
exploitation agricole. L’abbé G
À la Libération, l’institution des MFR bénéficie d’une
reconnaissance et d’une subvention du Ministère de l’Agriculture. En 1945
également, les MFR affirment leur indépendance vis-à-vis de l’État et de
l’Église : les familles, seules, en dernière analyse, constituent le
socle du mouvement. Dans les années 50, elles formalisent une pédagogie
novatrice autour de l’alternance scolaire, largement ignorée et décriée à
cette époque. Elles se développent rapidement, dans le monde paysan
d’abord. Les lois de 1984 sur l’enseignement agricole reconnaissent, après
bien des combats, leurs choix associatifs et pédagogiques. Puis, les MFR
appliquent les mêmes principes aux secteurs de l’artisanat, du commerce,
des services à la personne et dans les nombreux métiers en ouvrant des
centres de formation d’apprentis en relation avec les conseils régionaux.
Juridiquement, chaque Maison Familiale Rurale repose sur une
association familiale qui pourrait s’apparenter à une “coopérative”
familiale. Les membres sont majoritairement des parents qui ont inscrit
leurs enfants dans une formation mais aussi des professionnels, des
responsables ou des élus qui souhaitent militer pour le bénéfice du plus
grand nombre. Cet engagement associatif est la pierre angulaire du
mouvement. Ces adhérents élisent, en assemblée générale, un conseil
d’administration, véritable organe exécutif de l’association. Les MFR sont
de fait un parfait exemple de démocratie participative et d’engagement
collectif au travers desquels les initiatives de terrain s’expriment et
peuvent remplir des missions d’intérêt général et de service public.
D’ailleurs, c’est le conseil d’administration qui embauche le directeur
ainsi que les moniteurs (ainsi sont dénommés les formateurs car leur tâche
ne se résume pas qu’à l’enseignement mais aussi à l’animation et
l’accompagnement vers le projet professionnel) et le personnel de service.
Les valeurs défendues par les MFR partent des convictions
suivantes : la reconnaissance de la personne, la réussite des jeunes,
la responsabilité partagée, la contribution au développement, la famille
responsable, la coopération des générations et la liberté d’entreprendre.
La réussite se base sur la croyance de la personnalité qui se construit à
travers les actes de la vie. Est donc prônée une éducation qui fait
confiance aux valeurs humaines, qui prend en compte l’ensemble des
dimensions de la personne, qui responsabilise et rend l’Homme autonome et
créateur de son avenir.
C’est en 1946 que la première Maison Familiale rurale de filles
est créée à la Roche-sur-Yon. Le projet est d’impliquer les parents, de
mettre en œuvre l’alternance MFR avec le milieu de vie, et de développer
l’ouverture d’esprit.
En 1949, le mouvement des MFR se fédère au niveau départemental
dans les mêmes locaux que les fédérations de Familles Rurales et de
l’ADMR.
À la demande des jeunes filles de la première MFR, pour leur futur
mari, la 1re MFR de garçons s’ouvre en 1949 à la Mothe-Achard. Dans les
années 50, deux à trois Maisons Familiales Rurales sont créées tous les
ans : On en dénombre 30 en 1960.
L’Association des maisons familiales de Bournezeau naît en 1963, de
la volonté de parents qui veulent un enseignement agricole adapté aux
réalités du terrain. C’est Henri ROUSSEAU (père) alors président de la
Maison Familiale Rurale de Chantonnay qui en souffle l’idée à un groupe
d’agriculteurs de Bournezeau et de ses alentours. Une association se crée
donc pour développer ce concept sur la commune, la date de création étant
le 17 juillet 1963 (JO du 07 août 1963).
Le premier président en est Maurice R
Président : Maurice R
Vice-Président : Raymond C
Secrétaire : Jean M
Trésorier : Louis R
Fernand B
Louis B
Albert B
Germain H
Jean H
Georges P
Gustave P
Marcel S
René S
Josette R
L’association créée, il faut donc des locaux appropriés pour
l’enseignement et la pension, de même que le logement du jeune directeur
Charles G
De la volonté, il en faut car les poulets sont encore présents
début septembre sur trente centimètres de fumier. Armés d’un courage à
toute épreuve, les membres de l’association vident alors le poulailler de
ses ustensiles, enlèvent le fumier, rendent l’endroit plus “salubre” et
l’aménagent en un lieu adapté. La première rentrée démarre donc fin
septembre 1963 avec 22 élèves en B.A.A. (Brevet d’Apprentissage Agricole)
et 21 en C.A.P.A. (Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole).
L’alternance étant au rythme d’une semaine de cours pour deux
semaines de stage, l’établissement est occupé successivement par les
élèves de chaque classe pendant deux semaines, la troisième étant réservée
à des cours pour préparer de jeunes agriculteurs sans formation en projet
d’installation.
L’Association des maisons familiales de Bournezeau, qui devient
officiellement Maison Familiale Rurale d’Éducation et d’Orientation en
décembre 1968 (parution au JO du 20/12/1968), connaît un vif succès dès la
première rentrée et les locaux apparaissent vite étroits, la vétusté
s’empirant de jour en jour.
Pour l’anecdote, on pourrait même dire de nuit en nuit puisque le
directeur et son épouse voient, une nuit, un pied de leur armoire
traverser le plancher de la pièce où ils dorment. Et ladite armoire vient
se renverser sur le lit.
Le bâtiment 1 était le logement du directeur. Charles G
À l’étage, c’était le dortoir des élèves. Il y en avait une
vingtaine.
Hormis les volets, les ouvertures de la façade sont les mêmes
qu’en 1963.
L’association se met donc en recherche d’un terrain pour construire
de nouveaux locaux fonctionnels. C’est donc route de la Roche, lieu actuel
de la MFR, qu’une construction se lance en 1966.
La pose de la première pierre a lieu le 7 septembre. Ce
bâtiment à étage, en forme de “L” à l’époque, est doté de salles de cours,
réfectoire, cuisine et bureaux au rez-de-chaussée, ainsi que de chambres
et salles d’eau pour l’internat à l’étage. Le sous-sol, quant à lui, est
aménagé en chaufferie, salles de détente et remises.
L’établissement est également doté de logements de fonction pour le
directeur, les moniteurs et autre personnel. Juste avant la première
rentrée, durant l’été 1967, c’est une colonie qui étrenne les locaux en
location estivale.
La Maison Familiale Rurale est inaugurée officiellement le 23
novembre 1967 par le préfet de la Vendée, M. R
Ainsi, pendant une vingtaine d’années, l’établissement vit avec des
jeunes en effectif croissant. Puis une stabilisation intervient au début
des années 80.
Il est important de préciser que le directeur de l’époque,
Charles G
De même, le premier loto de Vendée a lieu à la maison familiale,
avec des lots offerts par les commerçants locaux notamment.
Outre ces activités d’animation qui permettent d’apporter un peu
d’argent dans les caisses, la Maison Familiale Rurale de Bournezeau est la
première de Vendée à être dotée d’un ordinateur pour le secrétariat et la
direction (1985).
En outre, c’est la première collectivité en France à s’équiper
d’une pompe à chaleur (eau/eau) en 1984. Mais ce dernier investissement ne
fonctionne que quelques années, l’eau du forage percé à cet effet étant
trop chargée en oxyde de fer et en particules granitiques. D’ailleurs, ce
forage d’une profondeur de 94 mètres est toujours présent.
Outre l’enseignement agricole, l’association de la MFR prête ou
loue ses locaux aux diverses associations qui en font la demande. L’une de
ces locations mérite d’être relevée car elle a sans doute eu une incidence
directe avec un fait historique important.
En effet, au début des années 80, alors que la
Nouvelle-Calédonie commence à rentrer en ébullition pour demander son
indépendance, une association kanake loue les salles de la MFR, une
semaine, pendant les vacances de Noël, sous la surveillance des
Renseignements Généraux qui sont postés dans le chemin adjacent (dixit
Charles G
Les RG sont également présents dans les appartements de fonction
jouxtant les salles de réunion et procèdent à l’écoute au travers des
cloisons.
Les Kanaks partis, les locaux sont inspectés, les poubelles vidées
et méticuleusement fouillées. Est-ce que cela est en lien direct avec les
événements survenus en Nouvelle-Calédonie en 1984 … ?.
À partir des années 85 à 90, le métier d’agriculteur est en crise
et beaucoup de jeunes ne souhaitent plus s’installer en agriculture. Les
effectifs sont alors en déclin : Les locaux sont sous-utilisés. Dans
le même temps, les effectifs en formation hippique sont en pleine
croissance à la MFR de Moutiers-les-Mauxfaits alors que les locaux sont
exigus et qu’il n’y a pas de possibilité d’agrandissement (centre bourg).
En 1991, décision est donc prise de fusionner les deux établissements
avec, à la tête, deux co-présidents : Yolande M
1991 représente un tournant indiscutable dans l’histoire de
l’établissement puisque les formations agricoles traditionnelles
s’effacent progressivement au profit des formations hippiques. Les
effectifs étant plus importants, il faut donc faire des extensions de
locaux et modifier ceux existants. Avant cette date, les formations
dispensées concernent les classes de 4e, 3e et BEPA
(Brevet d’Études Professionnelles Agricoles). Depuis, de nouveaux niveaux
apparaissent, de la seconde à la terminale, avec le BTA (Brevet de
Technicien Agricole) vite remplacé par le Bac Professionnel (secteur
hippique.
En 2013, le directeur Jean-Yves G
- Certificat de Spécialisation “Éducation et travail des jeunes
équidés” (2014)
- Certification professionnelle “groom équin” (2017)
- Certification professionnelle “Animateur d’équitation”
- Brevet Professionnel JEPS – Saumur action formation – Edouard C
- Diplôme d’État JEPS – Saumur action formation – Edouard C
Avec l’ensemble de ces formations référencées, ce sont environ 200
jeunes qui sont formés aujourd’hui à la Maison Familiale Rurale de
Bournezeau. Si la plupart des apprenants viennent de la Vendée et ses
départements limitrophes, le rayon d’action s’accroît au fil des ans,
couvrant maintenant la France entière, voire au-delà pour les CS et
grooms.
D’autre part, les classes de quatrième et troisième de
l’enseignement agricole ont pour vocation première d’aider les élèves à
choisir ou conforter leur orientation professionnelle.
Ainsi, en plus des jeunes en orientation hippique, quelques-uns
sont là pour choisir leur métier en pratiquant des stages en entreprises
de secteurs variés. Nous pouvons donc trouver des élèves qui vont se
destiner vers des professions de l’agriculture, de l’artisanat ou des
services … Ceci reste encore trop méconnu à l’extérieur et c’est bien
dommage car plusieurs anciens élèves de l’établissement ont brillé dans
les concours du meilleur apprenti de France par exemple. Pour les métiers
du cheval, ces dernières années, il y a de très bons résultats dans ces
concours.
Sur l’ensemble de ses actions l’établissement est labellisé LUCIE
26000 et a obtenu la certification QUALIOPI.
Vincent Poulain a été scolarisé 6 années à la MFR, de la 4e à la
terminale : Bac professionnel (2008 à 2014). Suite à sa scolarité et
ses stages, il a été membre de l'équipe de France de voltige équestre et
est devenu champion du monde par équipe en 2016. Actuellement entraîneur à
l'école de voltige du Mans (72), il s'occupe également de l'équipe de
voltige colombienne.
La Maison Familiale Rurale de Bournezeau travaille également sur
l’international puisqu’elle adhère pleinement au programme européen
“Erasmus Plus” qui permet de placer les jeunes en stage (bac pro
notamment) dans des structures du territoire de l’union Européenne
(Irlande, Espagne, Belgique, Pays-Bas entre autres). Ainsi, ce sont 45
apprenants qui partent en mobilité internationale chaque année. De la même
manière, l’établissement accueille un jeune volontaire du CES (Corps
Européen de Solidarité) par an depuis 2015.
Ces jeunes, en quête de culture française, apportent leur
contribution auprès des élèves de la MFR mais aussi auprès des différents
membres de l’équipe en faisant découvrir leur culture et en apportant une
aide substantielle au fonctionnement (accompagnement lors d’activités
extérieures notamment).
Outre cette évolution, les jeunes étant internes, le conseil
d’administration, avec l’appui de son directeur, opte pour l’optimisation
des achats en circuit court. Ainsi, 40% des achats pour la restauration
sont des produits labellisés. Aujourd’hui, ce sont 17 personnes
permanentes qui travaillent dans l’établissement (un directeur, une
directrice adjointe, huit moniteurs (trices), un chargé de cours EPS, deux
secrétaires, un surveillant de nuit animateur, un cuisinier, une maîtresse
de maison et un agent d’entretien).
Les locaux prenant de la vétusté et devenant, une fois de plus,
étroits, de nouveaux travaux démarrent en 2020 (projet initié en 2009).
Ainsi, le pavillon à l’entrée est totalement réaménagé en structure
d’accueil pour les adultes en formation, une aile supplémentaire au
bâtiment d’origine est ajoutée sur deux niveaux pour un internat moderne
et adapté avec des chambres ayant des salles d’eau et sanitaires intégrés,
l’inauguration a lieu le 17 septembre 2022.
Les travaux continuent puisque les anciennes chambres de l’internat
vont être transformées comme les neuves pour une aile et, plus tard,
réhabilitées en salles de cours pour l’autre aile mais ce dernier volet
est encore en projet. Et tout ceci avec l’appui financier du Conseil
Régional
Comme nous venons de le lire, la Maison Familiale Rurale de
Bournezeau est en perpétuelle évolution, pour s’adapter à l’accueil des
apprenants certes, mais aussi à la dynamisation du territoire social et
professionnel.
Président(e) | Qualité | Commune | Mandat |
R |
Parent | Bournezeau | 1963 - 1974 |
P |
Ancien élève | Bournezeau | 1975 - 1978 |
L |
Parent | Les Pineaux | 1979 - 1980 |
J |
Parent | Thorigny | 1981 - 1984 |
C |
Parent | St-Jean-de-Beugné | 1985 - 1989 |
M |
Parent | St-Philbert-du-Pont-Charrault | 1990 - 1992 |
C |
Parent | La Jonchère | 1991 - 1992 |
S |
Parent | Mouilleron-le-Captif | 1992 - 1994 |
M |
Maître de stage et parent | Sainte-Hermine | 1994 - 1996 |
P |
Ancien élève et maître de stage | Thorigny | 1996 - 2010 |
C |
Parent | Champ-Saint-Père | 2010 - 2021 |
G |
Parent | La Réorthe | 2021- 2022 |
L |
Parent | Sallertaine | 2022 - |
Directeur | Années en exercice |
G |
1963 - 1991 |
G |
1991 - 2013 |
B |
2013 – à ce jour |