Lors d’une réunion de la Commission histoire, une de ses membres,
Louisette G
Émilienne est née au village de la Pelonnière sur la commune de
Fougeré, le 23 février 1908. Elle épouse à Bournezeau en 1936 Alphonse C
D’abord couturière dans ses jeunes années à Fougeré,
Émilienne S
« J’ai gardé de Madame HALLIER le souvenir d’une personne d’une extrême bonté, cherchant toujours à limiter ou éviter les conflits malgré le handicap que lui avait occasionné du fait d’une maladie une surdité marquée. Surdité qui ne l’empêchait pas de donner aux élèves sages-femmes des cours très appréciés. »
Louisette G
Après ses études et son diplôme obtenu, Émilienne
devient sage-femme, d’abord à la clinique du Boccage à Nantes, puis en
milieu rural, autrement dit à domicile. Elle a raconté à sa fille ses
débuts, nous dévoilant la réalité des accouchements à Bournezeau dans les
années 1930. Voici le récit de son premier accouchement qui a eu lieu à
Fougeré le 16 décembre 1931. :
« Début d’une sage-femme en 1931, installée dans un petit bourg de campagne à la suite d’une collègue fatiguée, Mme CALLEAU.
1ère naissance : la cuisine (salle d’accouchement) après l’hôpital, il fallait préparer l’essentiel avec les moyens du bord, ce qui fut un apprentissage pour l’avenir. Je n’avais jamais vu la future maman, la distance était de 2 km, c’était une 3e pare, donc un accouchement normal. Je me demandais quelle était la présentation du fœtus. Aujourd’hui je n’ai plus le souvenir des accouchements normaux, à part le premier. Les dystociques, je ne les ai pas oubliés. A cette époque l’hiver était rude dans ces grandes pièces de ferme. Les naissances se faisaient dans les chambres. Seule la cheminée réchauffait la pièce. Le lit de l’accouchée était dans un coin éloigné du chauffage.
Après la naissance, la patiente était continuellement découverte et grelottait sans arrêt. J’ai dû inventer la couverture chauffante avec un drap (une berne) plié en quatre devant une grande flambée, devant la cheminée. Ce drap, posé sur le ventre et les cuisses de l’accouchée, était bien accueilli et très réchauffant.
Le nouveau-né : Dans ces pièces, la chaleur passait avant l’alimentation. La grand-mère recevait le nouveau-né sur les genoux et lui enfilait une chemise de toile qu’elle avait chauffée auparavant. Pendant ce temps je terminais les soins de la patiente. »
Louisette G
« Émilienne C
HAT-VERRE , ma mère, a donc pratiqué de 1931 à 1960. Elle a terminé la dernière année à la maternité des Sables-d’Olonne. Pendant la guerre, c’est souvent à bicyclette (l’essence manquait) qu’elle allait faire les accouchements. A cette époque elle avait une 202 Peugeot. La France étant occupée, il a été peint une croix rouge sur l’aile de la voiture.
Sa vie a donc été très riche et très laborieuse car quand elle revenait à la maison, elle devenait la femme du boulanger.
Elle est décédée à 92 ans le 13 janvier 1999. »
Émilienne a noté, dans un cahier que conserve précieusement sa fille Louisette, les accouchements qu’elle a effectués, avec le nom des familles, le lieu de l’accouchement et le sexe de l’enfant. De décembre 1931 à mai 1937 elle a effectué 336 accouchements. ; 43 en 1938 ; 39 en 1940 dont des réfugiés ; 45 de janvier à août 1944 ; 43 de janvier à avril 1947.
Pour les années 1939, 1941, 1942, 1943, 1945 et 1946, Émilienne n’a pas répertorié les accouchements effectués et cesse définitivement de les relever après avril 1947.
Parcours passionnant pour cette femme ouverte à la modernité,
ouverture d’esprit que l’on peut expliquer sans doute par ses études à
Nantes. Moderne et émancipée car Émilienne S
Louisette G