Des  temps anciens à la Révolution

Les lignes à suivre vont nous faire entrer de plain- pied dans notre Histoire locale et souhaitons-le débuter une suite d’informations les plus diverses nous concernant.

Ce parcours rapide à travers les siècles en remontant le temps nous permettra de poser quelques jalons et mieux nous situer depuis la Préhistoire jusqu’à la Révolution. Les premiers écrits historiques connus mentionnant le nom de Bournezeau remontent au XIème siècle, en 1092. Cependant les traces d’activité humaine sur notre site peuvent être repoussées assez loin dans le temps….

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  • 1000 à  800 avant Jésus Christ

    En effet les travaux de l’autoroute A 83 ont mis à jour au nord de la Gaudinière en septembre 1992 des vestiges  d’habitations protohistoriques situés à peu près au niveau de la boucle que fait la voie d’accès en direction de Nantes. Les diverses traces de constructions foyers et poteries ont permis de dater cette activité à la période de l’âge du fer, soit de l’ordre de 800 à 1000 ans avant Jésus Christ.

  • La fin de l’époque  gauloise est marquée par l’existence d’une villa gallo romaine, juste de l’autre côté de la Vouraie à la Lévinière.

    En suivant le Lay par Mareuil, Puymaufrais et sa "Motte Féodale" dominant la vallée et permettant d’alerter et de se défendre, et jusqu’à St Vincent Fort du Lay nous étions une des « portes d’entrée » du golfe des Pictons empruntée par les invasions Normandes.

    Le Thibeuf , mot d’origine Viking, en serait une trace.

    En 1092 Comme nous l’avons déjà évoqué, apparaît le premier écrit historique mentionnant le nom de notre pays (fin du XIème siècle, période entre Hugues Capet et Philippe Auguste).

                C’est un texte concernant une donation faite par Aimery de Thouars à l’église St Florent de Saumur. A cette occasion Étienne de Blois en tant que témoin de cette donation appose sa signature en latin "Stéphanus de Blesis  seu (seigneur) de Bornozello".

    Des latinistes pourraient peut-être nous éclairer sur les possibles significations du mot "Bornozello".

  • Dépendances du château de Bournezeau

    Dix ans avant le règne de St Louis. La charte de Bois-Grolland  mentionne  que le Marquisat  de BORNOSEUS (ou BERNEZEAI  ce  qui ressemble à notre patois  BORNEVAIS) possède des droits de  « gruerie », ce qu’on pourrait appeler : « droit d’abattage et d’utilisation des bois »  sur Saint-Ouen-les-Gâts, les Pineaux, Puymaufrais et St Vincent-Fort-Du-Lay. Un tribunal siégeant à BORNOSEUS s’occupait de ces droits.

    Au début de la guerre de  100 ans, un an après la bataille Crécy, un texte mentionne une concession de droit de chasse aux habitants de Bournezeau, les Pineaux Puymaufrais. Concession non gratuite et accordée, « une fois payée » chaque année « 60 septiers d’avoine » (soit à peu près 9600 litres, ce qui n’est pas rien) + 200 livres en monnaie sonnante et trébuchante, à Gauthier de Brienne alors propriétaire des terres, connétable du roi Jean le Bon qui périt à la bataille de Poitiers (1356).

    En 1554 juste après le règne de François 1er Le Vicomte de Thouars fait don à une de ses filles, Charlotte, des Châtellenies de Bournezeau, Puymaufrais , les Pineaux.

    Cinq ans plus tard, en 1559, elle épouse Charles Rouhault  Baron du Landreau qui devient donc Seigneur de Bournezeau.

    Ce nom de Rouhault restera longtemps dans le pays.

    Nous sommes maintenant  pendant les guerres de religions. L’évêque de Luçon Baptiste Tiercelin se plaint au Roi (Charles IX est alors enfant et c’est sa mère la régente Catherine de Médicis qui gouverne). L’évêque donc se plaint que le Seigneur de Bournezeau (le Rouhault  précédent) qui est alors du côté protestant a fait maçonner la porte principale de l’église donnant sur la place, or cet édifice fait partie de l’enceinte du château (voir page suivante)« de sorte, dit-il, qu’il n’est pas possible d’y entrer sinon par le dedans de la cour du château »         Brimade envers les catholiques ? ou peut-être moyen de savoir qui étaient les uns et les autres !…

    Bournezeau est saccagé par les protestants. L’église est pillée et incendiée.

    Plus tard ils s’emparent du château, Rouhault avait alors changé de camp, il était du coté catholique et peut-être à son tour a-t-il pris «la petite porte» sur l’arrière de l’église, pour échapper aux protestants.

    En 1588  20 ans plus tard, le 10 août, le futur Roi de France Henri de Navarre s’arrêta à « Bourneveau »nom employé par lui dans une lettre et aurait passé la nuit au château avant d’aller secourir les réformés  protestants assiégés dans Montaigu. (1 an plus tard, il deviendra Henri IV… et catholique, lui aussi).

    C’est à son tour le jeune Louis xiii qui nous rend visite, il a alors 20 ans , quitte Paris pour aller au secours du gouverneur de la province du Poitou, traverse Nantes, Aizenay, passe la nuit à la Roche et le 21 avril se lève à 5 h, puis après de « cordiales tablettes » ( ce qu’on appellerait aujourd’hui «  un solide petit déjeuner ») monte à cheval à 6 h et traverse Bournezeau dans la matinée pour se rendre à Fontenay ( il est passé à quelques lieues de l’évêché de son futur ministre Richelieu, peut-être s’est-il arrêté le quémander ?)

    En 1681 Sous le règne de Louis XIV, le pays prend le nom de Creil-Bournezeau, par suite du mariage avec Henri de Creil, de Maria fille de Jean Bardin ex conseiller du Roi qui avait acheté les terres de Bournezeau à la famille de Thouars Trémoille.

    1788 Bournezeau reprend sa dénomination habituelle grâce à un retour dans la famille de Trémoille avec Philippe prince de Talmont, général en chef de la cavalerie de l’armée vendéenne en 1793 et guillotiné en 1794.

    1791  Après  le début de la révolution Bournezeau devient chef-lieu d’un canton de 7 communes et prendra donc une certaine importance administrative.

    Pendant les guerres de Vendée, le 10 septembre une partie du bourg et de nombreux villages furent brûlés par les soldats du général Léchelle. L’église aurait été épargnée.

    En 1795 Le 21 septembre Charette venant de reprendre les armes fit rassembler 12000 hommes et 800 chevaux à Bournezeau. Cependant notre pays ne fut jamais au centre des combats et  n’eut pas trop à souffrir de cette terrible période.

  • Dépendances du château de Bournezeau

    Cette brève et très incomplète évocation de notre passé pourrait être plus largement développée dans des pages futures. Ensuite, à partir de la révolution, la mise en place d’archives municipales permet de retrouver des documents beaucoup nombreux et précis sur notre histoire locale, source qui alimentera de nombreux épisodes à venir

    André Seguin

    Sources: Centre vendéen de recherches historiques
    Annuaire de la société d’émulation de la Vendée – Léon Audé
    "Revue de l’Ouest »  1857
    Canton de Chantonnay Maurice Bedon
    Recherches de l’abbé Henri Seguin
    Revue du Bas-Poitou 10 p 123
    Chroniques Paroissiales Abbé Aillery
    Représentation de ce que pouvait être Bournezeau entre Moyen-Âge et Révolution :
  • Le centre bourg est dessiné en tenant compte du cadastre napoléonien de 1825
    La partie « château fort est imaginée sur le tracé visible sur ce cadastre
    La vieille église est fidèlement restituée d’après les dessins de l’architecte Victor Clair du 10 juillet 1876. Il était chargé d’en faire l’expertise avant décision d’une nouvelle construction.
    L’église actuelle se situe à droite du dessin, à l’emplacement de la « tourette » qui était un pigeonnier ;

    Toute personne pouvant nous donner des informations plus précises ou plus réelles (gravures, photos) sera la bienvenue.

    Dessin d’André Seguin