Noms des curés et vicaires depuis 5 siècles
Bournezeau,Saint-Vincent-Fort-du-Lay,
Puymaufrais et Saint-Vincent-Puymaufrais

A partir des registres paroissiaux, des archives de l’évêché et de la paroisse, nous pouvons tenter d’établir la liste des curés et des vicaires qui ont occupé les paroisses de Bournezeau, Puymaufrais, Saint-Vincent-Fort-du-Lay et, après la fusion de ces 2 dernières paroisses en 1801, Saint-Vincent-Puymaufrais.

Bien que l’ancienne église de Bournezeau semble dater du 12ème siècle, il faut attendre le 15ème siècle pour trouver le nom de deux curés : Jacques Jouin et Mathieu Jouin. Ce dernier y officia en 1475.


  • L’ancienne église de Bournezeau (dessin : A. Seguin)

    Au 16ème siècle un seul curé nous est connu : Philippe Condour, arrivé à Bournezeau en 1534.

    Le 17 juin de cette même année, Pierre Marchand, archidiacre du diocèse de Luçon, visita la paroisse de Bournezeau. Il signalait la présence d’une fondation pieuse dans l’église dite “Chapellenie de la Girardière”. En l’absence du curé Condour, on lui présenta neuf prêtres dont le vicaire.

    Le compte-rendu de cette visite précise qu’il y avait en moyenne 7 à 8 prêtres par paroisse dans le diocèse. Maurice Bedon note qu’à cette époque Bournezeau comptait 11 prêtres ou religieux.

    La réforme protestante qui se répandait déjà, et les guerres de religion suivies du concile de Trente ont changé les conditions des prêtres dont le nombre diminuait fortement.

    Puis, lors des guerres de Religion, le curé Philippe Condour dut céder sa place aux protestants en 1564, puisque le Seigneur de Bournezeau, Rouhault, adepte de la religion protestante, interdisait l’usage de l’église aux catholiques.

    Les Protestants occupèrent alors les lieux. Seuls deux noms de pasteurs nous sont connus : Desportes en 1633 et Jean Bonnaud en 1634.

    Ensuite, 77 ans plus tard, le 3 août 1641, Jean Bardin, baron de Bournezeau, obtint du parlement un arrêté défendant aux protestants d’avoir un lieu de rassemblement dans cette paroisse. Les catholiques ont dû reprendre possession de l’église, car, en 1648,  le Pouillè d’Alliot, (Registre qui fait état des biens ecclésiastiques) y note la présence d’une cure, il y avait donc, très probablement, un curé, mais on n’en connaît pas le nom. Ensuite Antoine de Celliers fut le premier curé connu en 1671.

    Ainsi, en raison des guerres de religion, la paroisse de Bournezeau fut sans curé pendant 84 ans, de 1564 à 1648.

    Plus tard, une autre interruption d’une dizaine d’années intervint lors des Guerres de Vendée (1792-1801).

    A Bournezeau, depuis le 15ème siècle, nous connaissons le nom de 29 curés (durée moyenne : 12 ans environ), et 70 vicaires (durée moyenne un peu plus de 3 ans). Il y eut 11 curés à Puymaufrais et 10 à Saint-Vincent-Fort-du-Lay. Après la fusion des deux paroisses, 15 curés et 6 vicaires ont eu la charge de la paroisse de Saint-Vincent-Puymaufrais.

    Ministères les plus longs

     

    NOM DES CURES

    ANNEES DANS LA PAROISSE

    DUREE

    Bournezeau

    Pierre AVRIL

    1673 à 1709

    36 ans

    André PUYRAUD

    Vicaire de 1705 à 1709
    Curé de 1709 à 1736

    31 ans

    Jean-François

    GIRARD

    1824 à 1856

    32 ans

    Saint-Vincent-Fort-du-Lay

    Jean de la FORET-GRUZARDIERE

    1738 à 1777

    39 ans

    Puymaufrais

    Jacques POERON

    1670 à 1705

    35 ans

    Saint-Vincent-Puymaufrais

    Jacques

    DESPLOBEIN*

    1781 à 1824

    43 ans

    François BIRET*

    Vicaire de 1823 à 1824
    Curé de 1824 à 1860

    37 ans

    François-Xavier

    GODAIN

    Vicaire de 1839 à 1860

    21 ans

    *Desplobein, prêtre réfractaire pourchassé par les Républicains pendant les Guerres de Vendée (voir ״Au Fil du Temps״ n°1), et son successeur, Biret, ont été enterrés à Puymaufrais en 1824 et 1860.
    Ils ont été exhumés puis inhumés ensemble en 1907 dans le nouveau cimetière. Leur tombe commune s’est affaissée en septembre 2007.
    Pour honorer leur mémoire, la commune a posé une pierre tombale en décembre  2008, (voir ״ Au Fil du Temps״ n°6).

    Liste des 29 curés de Bournezeau (connus à ce jour)

  • Favorable à la Révolution, le curé LAINE a prêté serment à la Constitution civile du clergé en 1790.

    Vicaires de Bournezeau (connus à ce jour)

    En 1790 le vicaire Joseph THIRE a prêté serment à la Constitution civile du clergé, puis s’est rétracté. Il a dû émigrer en Espagne le 11 septembre 1792.
    GALLET était un vicaire assermenté qui est resté peu de temps dans la paroisse.

    Il peut être ajouté à cette liste le prêtre Victor CHOPOT. Il n’était ni curé, ni vicaire mais résidait au presbytère de Bournezeau de 1991 à 2000. Son activité était plus diocésaine que paroissiale.

    Depuis 476 ans (de 1534 à 2010), il y a eu des vicaires pendant 231 ans, soit un peu moins de  50% du temps. De 1800 à 2010, la paroisse de Bournezeau a connu 17 curés et 32 vicaires.>

    Liste des 16 prêtres nés à Bournezeau
    ou issus d’une famille de Bournezeau (connus à ce jour)

    Pierre Gabriel Micheau, né en 1765, n’est pas issu de Bournezeau mais il est le fils de Marie Modeste Thérèse Esgonnière, née en 1738 à la Corbedomère, puis mariée le 25 janvier 1763 avec Charles Micheau, chirurgien de profession. Ce prêtre fut d’abord professeur au séminaire de Luçon, puis réfractaire à la Révolution. Il émigra en Espagne le 9 septembre 1792. Il devint ensuite curé de Bournezeau en 1801, secrétaire de l’évêché de la Rochelle en 1805, et enfin vicaire général de la Rochelle en 1811.

    Le fait que l’évêque de la Rochelle était Mgr Gabriel Laurent Paillou, cousin germain de sa mère, Marie Modeste Esgonnière, explique sans doute, en partie, sa nomination à l’évêché de La Rochelle.

    René Roger (biographie selon le nécrologe des Pères de Chavagnes)naquit à Bournezeau, le 6 mars 1867. Entré au Petit Séminaire de Chavagnes en octobre 1879 comme juvéniste de la Société, il prit l’habit religieux le 8 décembre 1886, fit sa première profession le 8 décembre 1887 et reçut le sacerdoce le 20 décembre 1890. D’octobre 1890 à juillet 1892, il est président de la grande étude et professeur d’histoire et géographie en 5ème et 6ème au Petit Séminaire de Chavagnes.

    Il s’embarque pour Sainte Lucie le 9 novembre 1892 et devient dès son arrivée vicaire de Soufrière. Le 3 mai 1893, il prononce ses vœux perpétuels. Le 5 janvier 1894, il est curé de Choiseul. C’est là que durant 57 ans il exerça un apostolat fécond et apprécié. “Religieux de la stricte observance, il avait gardé son âme de novice”. Il dota sa paroisse d’une très belle église. L’âge et les infirmités le contraignirent à démissionner au début de 1951. Il se retira à la Soufrière, où il continua à rendre service. Le 11 novembre 1951, l’archevêque de Trinidad obtenait pour lui la médaille Pro Pontifice et Ecclesia.

    Un peu plus tard, il revint au presbytère de Choiseul. En 1956, une grave maladie le laissa très diminué physiquement, et bientôt ce fut l’impotence à peu près totale. Il disait à peu près continuellement son chapelet. Le Père Roger mourut à Choiseul dans sa 93ème année, le 25 mars 1959, pendant qu’on lui donnait l’Extrême Onction".

    Dans un futur numéro paraîtra la biographie de l’Abbé Henri Seguin

    (4)Louis Bossard )biographie selon les archives diocésaines est né à Bournezeau en 1918 et entra à 12 ans au petit séminaire de Chavagnes. En 1936, il opta pour le noviciat d’Orly. Ordonné prêtre à Chevilly en 1944, il reçut son obédience pour l’Oubangui-Chari que l’on appelle, depuis 1960, la République Centrafricaine.

    Pendant 21 ans, il fut, comme il l’écrit lui-même, un missionnaire heureux, se sentant bien dans la voie qu’il avait désirée. Après un stage de 3 ans à Bangui, il alla à Bria, à 600 km plus à l’Est pour fonder une mission. Il écrivait en 1977 pour ״Pentecôte pour le Monde״ : “Durant ma vie Missionnaire active, j’ai fait ce que j’ai pu avec la conscience parfois douloureuse de mes limites et de mes faiblesses mais pleinement confiant dans l’action de l’Esprit-Saint.’

    C’est à Bria que la poliomyélite le terrassa en 1967. Il lui restait 12 ans à vivre paralysé, continuant sa vie missionnaire dans la souffrance, la prière et l’aumônerie des hôpitaux. Toujours heureux et confiant dans l’action de l’Esprit-Saint ».

    (5) Georges Grolleau est le frère de Jean Grolleau, fusillé à Nantes en 1941 (voir article dans ce numéro, page 12).

    (6) Louis Mathé n’est pas né à Bournezeau. Cependant, il est considéré comme issu de notre commune, comme un enfant du pays, puisque, étant arrivé en 1943, il a fait toute son école primaire à Bournezeau. C’est un cousin issu de germain de Marie-Jo et Suzy Arrignon.

    Liste des 10 curés de Saint-Vincent-Fort-du Lay


  • Favorable à la Révolution, GAULY a prêté serment à la Constitution civile du clergé en 1790.
    (voir ״Au Fil du Temps״ n°1).

    Liste des 11 curés de Notre Dame de Puymaufrais

  • *Opposant farouche à la Révolution, DESPLOBEIN  a refusé de prêter le serment.
    (voir plus haut et  ״Au Fil du Temps״ n°1).

    Le concordat du 15 juillet 1801 (accord entre le Pape Pie VII et Bonaparte) rattache la paroisse de Saint-Vincent-Fort-du-Lay à celle de Puymaufrais. Puis, lors de la fusion de ces deux communes en 1833, la paroisse de Puymaufrais deviendra Saint-Vincent-Puymaufrais.

    Autrefois, les paroisses dépendaient des Abbayes, qui étaient choisies par le seigneur local. La nomination des curés et vicaires des paroisses était assurée par les abbayes auxquelles elles appartenaient. Néanmoins, l’évêché cautionnait leurs décisions. Depuis la Révolution, c’est l’évêque de Luçon qui assure les nominations dans les paroisses. En réalité, Bournezeau et Puymaufrais étaient rattachés à l’abbaye de St-Michel en l’Herm jusqu’en 1772. Par contre, St-Vincent-Fort-du-Lay est resté dépendant de l’abbaye de Mauléon jusqu’à la Révolution.

    Liste des 15 curés de Saint-Vincent-Puymaufrais

  • Liste des 6 vicaires de Saint-Vincent-Puymaufrais

  • Liste des 4 prêtres nés à Saint-Vincent-Puymaufrais

  • (1)Il  a été curé de Bournezeau de1877 à 1887.
    (2)Dans un futur numéro paraîtra la biographie de Jean-Baptiste Ouvrard.

    Les paroisses aujourd’hui

     

    Lors de la restructuration des paroisses en 1997, les paroisses de Bournezeau et Saint-Vincent-Puymaufrais sont devenues des relais paroissiaux de la paroisse Saint-Pierre-des-Deux-Lays, dont le siège est à Chantonnay.

    Les autres relais de cette nouvelle paroisse sont : Saint-Hilaire-le-Vouhis, Puybélliard, Saint-Philbert-de-Pont-Charrault, Sigournais, et Saint-Mars-des-Prés.

    Depuis 1997, il n’y a qu’un seul curé pour toute la paroisse, résidant à Chantonnay. Les autres prêtres sont devenus des ״coopérateurs״. À 75 ans ils deviennent ״auxiliaires״, avec une charge moins lourde.

    Depuis 2009, les sept relais paroissiaux sont répartis en trois “Communautés Chrétiennes de proximité”. Les relais de Bournezeau et St-Vincent-Puymaufrais représentent une des trois.

    Henri Rousseau

    Sources :
    - Registres paroissiaux, relevés par Vincent Pérocheau.
    - Archives paroissiales de Bournezeau.
    - L. Delhommeau et Henri Baudry, archivistes du diocèse de Luçon.
    - Ouvrage de Maurice Bedon : “Le canton de Chantonnay”
    - Livre d’or du clergé vendéen.